Peu de temps avant sa mort, lors de son intervention dans une chaîne de télévision privée, l’ancien Président de la République, Didier Ratsiraka, a déclaré que près de 200 millions USD appartenant à des Malgaches sont placés dans les paradis fiscaux. De par son statut, on ne pouvait pas mettre en doute cette déclaration. Et le peuple malgache peut l’en remercier car c’est le tout premier homme d’Etat malgache qui a confirmé l’existence de tels fonds. Et il est certain qu’il sait de quoi il parle. Mais jusqu’à ce jour, apparemment, aucune action allant dans le sens du recouvrement de ces avoirs illicites a été perçue.
Bien évidemment, il ne peut s’agir là que de capitaux qui ont été détournés d’une façon ou d’une autre illégalement de Madagascar et qui ont été placés dans ces paradis fiscaux qui ne prêtent aucune exigence sur l’origine des capitaux. Et s’ils sont placés dans ces paradis fiscaux, il est indubitable qu’il s’agit là de capitaux illicites, donc acquis illégalement. Il existe de nombreuses façons pour les hauts responsables étatiques véreux de détourner les deniers publics.
Mais il ne suffit pas de les faire rentrer dans le pays, comme l’a d’ailleurs suggéré l’ancien président de la république qui a ajouté que l’on pourrait s’en servir pour lutter contre la pandémie du covid-19 à Madagascar, l’un des principaux maux contre lesquels il fallait lutter à cette époque. Il faut également que les noms de toutes les personnes inculpées soient portés à la connaissance du peuple malgache. Il est plus que légitime que tous les Malgaches sachent qui sont ces personnes indélicates qui se sont permis d’accumuler de véritables fortunes à leur détriment.
Bien évidemment, les priorités ont changé entre temps. Le covid-19 n’y figure plus. Parmi les nouvelles priorités, on peut citer le redressement de la Jirama et la disparition des délestages intempestifs, la réhabilitation des routes, … Cette liste n’est pas exhaustive mais ces capitaux acquis illicitement ne suffiront pas pour faire face à tous les problèmes auxquels le pays doit faire face actuellement. Mais tout au moins, ils permettront de résoudre une partie de ces problèmes.
Et si le pouvoir actuel n’est pas touché par ce trafic, il a tout intérêt d’engager le plus tôt possible toutes les démarches requises pour rapatrier au pays ces capitaux illicites. Il pourra ainsi faire d’une pierre deux coups : Cela lui permettra de se disculper et montrer aux yeux de tous qu’il (ou ses alliés) n’est pas concerné par ces richesses accumulées illicitement et en même temps, il disposera ainsi de capitaux additionnels non négligeables qui ne sont assortis d’aucune conditionnalité d’utilisation de la part des institutions financières internationales.
Aimé Andrianina




