Un jeune artiste dont le talent n’a d’égal que sa volonté de partager, Johasina Rasoloarison nous ouvre les coulisses de son tout premier album intitulé « Tsy Revin-Gadra Intsony », littéralement loin d’être un rêve de prisonniers, qui devra sortir le 8 septembre. Interview.
*Les Nouvelles : Tout d’abord, pouvez-vous nous parler de votre parcours artistique ?
– Johasina : Mon parcours artistique est un peu chaotique. Et avec le recul, je me rends compte que ça l’est toujours. La dizaine consommée, j’avais pour habitude d’apprécier la discographie de quelques chanteurs, pour ne citer que Coldplay et Jamie Cullum. J’ai fait aussi un passage assez marqué dans l’univers du rock et du métal grâce à des groupes comme Bullet For my Valentine ou Avenged sevenfold, qui m’a retourné le cerveau, carrément. En parallèle, je suivais des cours de guitare classique au Cnem Ampefiloha. Par la suite, mon style a beaucoup évolué et j’ai commencé à m’intéresser à la musique afro-américaine.
* Un chemin tout tracé…
– En fait, toute ma famille a cette même passion pour la musique. Mon père et mon oncle sont eux-mêmes des guitaristes, chanteurs et auteurs-compositeurs. Les réunions de famille finissaient toujours par un karaoke ! Autant dire qu’ils m’ont inspiré et à l’âge de 14 ans, la fibre musicale ne m’a plus lâché qui m’a donné l’envie d’aller plus loin.
* C’était le début d’une carrière !
– Avec mes camarades de classe de SFX Antanimena, on a créé un groupe du nom de « First Truth ». Nous avons lancé notre tout premier single intitulé « Christmas Day » qui était mon premier titre passé à la radio. En 2016, j’ai pris la décision de poursuivre mes rêves en solo en commençant par sortir plusieurs singles tels que « Fahatsiarovana », « Andao hihaona », « Miverena »…
*Quel est vraiment votre style de prédilection?
– La culture musicale afro-américaine, m’a toujours matrixé, grâce aux films biopic, clips et concerts, notamment ceux de James Brown, Ray Charles, Michael Jackson, John mayer, Marvin Gaye, George Benson, Sam Cooke et Aretha Franklin. Je me suis toujours demandé ‘‘comment est-ce possible de chanter, de danser, de jouer de cette manière ?’’ Moi aussi je veux faire comme eux ! Si je devais la décrire, je dirais que ma musique adopte un style plus soul marqué par les jazz, blues, folk, funk et musique pop. Cette fusion de styles musicaux, est la base de ma composition et de ma musique.
*Pouvez-vous nous en dire davantage sur votre premier album ?
– Renfermant neuf titres, l’album sortira le 8 septembre sur toutes les plateformes de streaming musical et en physique, en CD et par Clé USB. J’ai eu la chance de collaborer avec Jaws Band et Krutambull, des artistes qui ont déjà marqué plusieurs générations. J’ai beaucoup aimé travailler avec eux car en plus d’être bourrés de talents, ils ont le truc, je ne sais pas le décrire mais « you feel it » comme le disent nos amis américains. A vrai dire, j’ai toujours voulu faire un album depuis tout petit, faire un CD, écrire une histoire et la chanter mais il m’a fallu beaucoup de temps avant d’être prêt.
*Puis « Tsy Revin-Gadra Intsony », est né…
– C’était avant le Covid-19 que j’ai eu le déclic, je ne saurais l’expliquer. C’est à ce moment là qu’une image s’est dessinée dans ma tête, le titre de l’album était une évidence. Lorsqu’une personne rêve et aspire à quelque chose qui semble inaccessible, ce qu’on lui dit souvent c’est « Manao revin-gadra lety ». D’ailleurs on me l’a souvent dit. Grâce à cette œuvre, j’espère pouvoir susciter la fierté de cet enfant plein d’espoir et de rêves. Et si un jour, nous parvenons à voyager dans le temps, j’aimerais me revoir à 12 ans et lui dire : « Tsy revin-gadra intsony letsy a. Keep going, lâche rien, continue de rêver !!! ». J’espère aussi pouvoir encourager ceux qui me suivent et m’écoutent à en faire autant.
*Quelle est la suite de votre agenda pour cette année ?
– Je défendrai et honorerai cet album à Antananarivo et Antsirabe en octobre. Deux villes qui ont marqué mon enfance puisque je suis né à Antananarivo, à Befelatànana comme pratiquement toute ma génération et j’ai ensuite vécu à Antsirabe jusqu’à mes 4 ans. Je bouclerai la boucle à Paris en novembre. Les dates seront connues sous peu.
*De futurs projets?
– J’ai plein de projets musicaux en tête et dans mon disque dur mais comme ont dit toujours, il faut donner du temps au temps. Je souhaite en tout cas continuer à développer mon écriture et mon style musical pour contribuer davantage à l’enrichissement de la scène musicale à Madagascar, mais surtout pour continuer à accompagner la vie de ceux qui m’écoutent et qui me suivent à travers ma musique. Par la même occasion, qui sait peut-être encourager d’autres artistes à se lancer. Pour moi, le rôle de chaque génération d’artistes, est de faire mieux que ses prédécesseurs et d’inspirer la nouvelle génération pour qu’elle puisse faire mieux.
Recueillis par Joachin Michaël




