Fetra Ramamonjy : la culture, un secteur important avant le développement

Un pays peut-il se développer sans sa culture ? Une question à laquelle le linguiste Fetra Ramamonjy a répondu lors de sa conférence intitulée « Ny kolontsaina mialoha fampandrosoana » ou « la culture précède le développement ». Selon l’expert, la réponse est négative. La conférence s’est tenue, hier au Musée d’art et d’archéologie à Isoraka.

Fetra Ramamonjy a commencé sa conférence par un storytelling. Un couple malgache ayant vécu plusieurs années en Chine, est de retour au pays pour fonder un foyer. Il a dû parler avec les parents, voir un « mpanandro », un devin, effectuer un « vodiondry » et respecter les traditions de chaque famille avant d’effectuer un mariage civil. Il en est de même pour la construction d’une maison.
Durant toutes les étapes de la vie, depuis sa naissance jusqu’à sa mort, chaque personne doit mettre en avant sa culture avant de pouvoir réaliser un objectif. « Toutes ces étapes regroupent notre culture. Ainsi avant d’atteindre son but, le couple doit passer par la culture. Le mariage et la maison sont ainsi le signe de l’évolution, du développement. Cette image est aussi valable dans tous les secteurs, même dans les autres pays », confirme-t-il.
Des analyses sur d’autres pays
Durant la conférence, il a démontré cette analyse en prenant l’exemple d’autres pays comme le Japon, l’Israël et des pays européens. « L’Eu­rope était composée de pays monarchiques. Avant le 15e siècle, les rois et l’église avaient la mainmise sur le peuple. Mais, le cas a changé depuis 1453, lors de la chute de Constantinople », poursuit-il.
Selon ses explications, les élites de cette capitale de l’Empire romain d’Orient, qui ont étudié entre autres la Grèce Antique, les mathématiques, l’astrologie, la littérature… sont partis se refugier en Europe. Ainsi, les Euro­péens ont commencé à traduire ces « cultures » et créé leur propre culture, l’origine des études comme la bourse Erasmus, le Pic de la Mi­randole en Italie…
Depuis le peuple européen devient de plus en plus curieux, avide de connaissance. Et c’est en cette période que sont nés plusieurs philosophes européens comme le français Montaigne… « Un pays a besoin de philosophe pour se développer, un pays a besoin de poème, de roman, de littérature, de peinture, de sculpture. Avant d’arriver à un développement, il faut cultiver son pays », ajoute-t-il.
Ces élites et artistes ont ainsi créé l’humanisme culturel qui a engendré plusieurs mouvements comme l’individualisme, le capitalisme… « En prenant connaissance de la valeur de la culture, le peuple transforme petit à petit son point de vue et évolue », conc­lut-il.

Holy Danielle

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