Léon Fulgence : l’art de sublimer l’ordinaire

La galerie Mozaïk Antsahabe accueille, ce mois-ci, « Rétro­spective », une exposition de peinture hors norme consacrée à Léon Fulgence.
Plus de 30 tableaux ont droit à la cimaise lors de cette installation individuelle. Comme son intitulé l’indique, Fulgence revient sur sa carrière picturale riche et partageuse. Il nous présente une rare sélection de portraits de ville, de paysage et de personnages datant de ses débuts dans les années 70 jusqu’à aujourd’hui.
Parmi ceux-ci, « La séance de tresses au marché » et « Les pêcheurs en mer », sont pour le peintre une manière de rendre hommage à Farafangana, sa ville natale, témoin de ses souvenirs d’enfance, des amitiés naissantes et de son intérêt grandissant pour l’art visuel. « J’ai ouvert ma propre galerie à Antsirabe il y a de cela quatre ans, mais il m’arrive de revenir à Farafangana pour me ressourcer », confie l’artiste peintre au sourire communicatif et dans un dialecte « Antefasy ».
Dans la galerie d’exposition, le triptyque baptisé « Ilakaka » accroche les visiteurs. L’œuvre en question offre une magnifique vue sur l’entrée du village situé au sud-ouest de Madagascar et traversé par une route secondaire. Le deuxième tableau dépeint le peuplement de la localité après la découverte du saphir à la fin des années 90 et le dernier imagine Ilakaka dans un demi-siècle. Il s’agit exclusivement d’une série d’huiles sur toile parce que « la peinture à l’huile affiche notre capacité à relever des défis d’envergure et surtout, parce que c’est durable », ex­pli­que-t-il. A l’instar de l’illustre Roland Raparivo, Fulgence est l’un de rares artistes malgaches ayant excellé dans la peinture au couteau.
Léon Fulgence a appris la peinture de manière autodidacte compte tenu de l’absence d’école d’arts à Mada­gascar. Depuis plus de 50 ans, il fait de sa passion un véritable métier et son talent a été mainte fois récompensé. « Je n’ai jamais songé à la retraite artistique. La peinture c’est toute ma vie et cela ne va pas s’arrêter à moins de m’attacher les mains », a-t-il conclu.

Joachin Michaël

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