De longue haleine

Responsabilité partagée. Les 20 ans de la Convention des Nations unies contre la corruption, ont été célébrés cette année. Cet outil devrait permettre de promouvoir la bonne gouvernance à
l’échelle mondiale, tout en renforçant la coopération internationale et adoptant des mesures concrètes pour lutter contre la corruption.
Madagascar fait partie des pays signataires de cette ambitieuse convention. Toujours est-il que vingt années plus tard, tous s’accor­dent à dire que beaucoup reste encore à faire. Jusqu’ici, en tout cas, la Grande île n’est pas un bon exemple dans ce domaine. Et ce n’est pas demain la veille.
Pourtant, les entités étatiques, notamment les organes du système anti-corruption, à savoir le Bianco, l’Arai, le Samifin ou encore les juridictions anticorruption au niveau des chefs-lieux de provinces, ont à leur disposition tous les outils pour lutter efficacement contre la corruption. Sauf que la réalité est tout autre. Où se situe la faille ? Au niveau des engagements de l’Etat ? Pourrait-on tenter d’affirmer.
Certes, en tant que premiers responsables du pays, les responsables étatiques devraient être les premiers concernés. Sans vouloir les dédouaner toutefois, il est clair qu’à chacun de prendre ses responsabilités. Si tout le monde collabore pour juguler ce fléau, il serait probablement difficile pour un agent de l’administration de poursuivre ses agissements, où qu’il soit.
Pas plus tard qu’avant-hier, le gouverneur de la région Betsi­boka a été placé sous mandat de dépôt pour « corruption », en laissant des ressortissants chinois mener une exploitation aurifère sur le fleuve Betsiboka, avec les engins routiers offerts par le chef de l’Etat.
Jusqu’à preuve du contraire, il est présumé innocent. Cepen­dant, le fait qu’un responsable soit trainé devant la Justice, est déjà une avancée majeure dans la lutte contre la corruption et l’impu­nité. Maintenant il faut laisser la justice faire son travail d’une manière équitable, loin des pressions politiques.
Et quand on dit collaboration de tous, les élus ont également un rôle clé à jouer. Mais à ce sujet également, la politique a ses raisons que la raison ne peut pas connaître. Malgré l’effectivité de la Haute cour de justice depuis des années, aucun responsable étatique n’a été impliqué dans des affaires louches. Comme s’ils sont au-dessus de la loi. Il y a encore du chemin à faire

Rakoto

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