Cheffe Mariette Andrianjaka: une soixantaine d’années derrière les fourneaux

Une grande dame, une véritable ambassadrice de l’art culinaire malgache est décédée, lundi. Cheffe Mariette Andrianjaka a porté haut notre fanion, durant ses 60 ans derrière les fourneaux. Sa spécialité était les plats typiquement malgaches cuisinés à l’époque de la royauté.

Durant son enfance, Cheffe Mariette a ha­bité à Anjahary et étudié à Analakely. Afin d’éviter les va-et-vient, elle était en demi-pension où une étrangère s’occupait des déjeuners. Durant ses heures creuses, elle s’est portée volontaire pour l’aider. C’est ainsi qu’est née sa passion pour la cuisine.
Mais à cette époque, être cuisinière n’était pas un métier idéal, surtout pour ses parents, comme dit l’ancienne expression malgache «Vendre des aliments cuits n’est pas valorisant». Mais malgré cet obstacle, la jeune Mariette a choisi d’approfondir son art en postulant à une école d’hôtellerie en France.

La cheffe malgache la plus renommée
De retour au pays, elle a tout de suite tenu plusieurs restaurants, comme le Buffet de la gare qui présentait diverses spécialités, où elle a même cuisiné pour le couple présidentiel. Ensuite, elle a effectué une tournée nationale pour continuer à ap­prendre la cuisine malgache issue des autres régions. Et c’est ainsi qu’elle a appris ce métier qui lui a permis d’acquérir une renommée internationale. Elle s’est ensuite mariée avec un autre artiste talentueux, le chanteur Ludger Andrianjaka.
Durant sa carrière, elle a été primée à maintes reprises et a obtenu, entre autres, l’International award for gastronomy. Elle a été promue Commandeur de la commanderie des cordons bleus de France, Ordre in­ternational des disciples d’Auguste Escoffier, déléguée générale de l’Institut
de la gastronomie française pour l’océan Indien, Dame maître rôtisseur, membre de la Confrérie des Grandes Toques, membre de la Con­frérie de la Marmite d’Or… sans oublier qu’elle était la présidente d’honneur de Women tourism association for Madagascar (WTAM).

Ses messages
Ces dernières années, elle souhaitait encourager les trois secteurs essentiels pour l’humanité, à savoir l’agriculture, l’élevage et la pêche. Selon ses explications durant nos anciennes interviews, les Malgaches ont toutes les ressources naturelles et humaines nécessaires.
Notre île est assez vaste pour l’agriculture et l’élevage. Nous possédons, par exemple, presque tous les fruits, et il en existe durant toute l’année. On a de bons produits agricoles riches en saveurs, des animaux élevés en pleine nature… Sans oublier la pêche. Car Mada­gascar est une grande île dont les eaux regorgent aussi de ressources. Bref, autant de richesses naturelles à ne pas négliger. L’hom­me a besoin de manger, même trois fois par jours, et nous, les cuisiniers, nous sommes les percepteurs de ces trois secteurs.
«La cuisine malgache est un art et une science des plus passionnantes, que l’on doit perpétuer pour les générations à venir. Notre gastronomie est riche et dense. De ce fait, il importe plus que tout, de la valoriser», telle était l’une de ses principes.

Holy Danielle

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