Des gens sans foi ni loi

L’insécurité est toujours présente et semble même gagner du terrain. Chaque jour, il n’y a qu’à regarder les pages de faits divers des quotidiens et on remarquera que les actes de banditisme se déroulent un peu partout dans le pays. Il y a des jours où on n’y fait plus attention car c’est devenu une banalité.
Pour ne citer que quelques exemples, dans le Nord, on annonce le retour des
« Foroches », ces jeunes délinquants enivrés de « djamala » (cannabis) qui sèment la violence et la terreur partout où ils passent. L’insécurité est à son comble quand ces jeunes se livrent en quelque sorte à une lutte de gangs.
A Toamasina, les attaques à main armée semblent reprendre de plus belles. Plusieurs personnes habitant dans des quartiers différents en ont fait les frais. Ces malfaiteurs s’attaquent à tout le monde et même les personnes de nationalité étrangère en sont victimes.
Tel a été le cas d’un ressortissant chinois qui a été violemment attaqué à Soanierana-Ivongo ou encore cet étranger d’une autre nationalité habitant à Tahitikely. Qu’on le veuille ou non, ces faits portent préjudice à l’image du pays.
Pour une fois, on ne parlera pas de l’insécurité dans la capitale où chaque coin de rue peut présenter un danger surtout dans les quartiers qualifiés de « chaude » tel qu’Isotry … Les actes de banditisme qui s’y déroulent de jour com­me de nuit sont devenus des faits habituels.
Bien évidemment, les forces de l’ordre ne restent pas les bras croisés. Loin de là s’en faut ! Elles font ce qu’elles peuvent à tel point qu’on arrive à penser qu’elles dépassent les bornes. Effectivement, tous les jours, on lira également des mêmes sources d’information que des bandits ont été neutralisés, abattus …
Ce qui amène certains de nos concitoyens à penser que nos forces de sécurité ont la gâchette facile, trop même pour ainsi dire. On ne manquera pas de faire la remarque que bien trop souvent, après leur capture, des malfaiteurs sont abattus en cours
de route pendant leur transfert pour tentative de fuite.
Tout de même, il faut comprendre que l’intervention des forces de sécurité se déroule dans un cadre à hauts risques où l’on peut passer de vie à trépas à tout mo­ment. Dans ces conditions, ces forces de sécurité sont toujours en alerte pour pouvoir réagir et intervenir à tout mo­ment.
L’atrocité de certains actes de banditisme ex­plique en partie une réponse des forces de l’ordre jugée, à tort ou à raison, de démesurée. Il appartient à chacun d’en juger. Mais il ne faut jamais oublier qu’en fa­ce, elles doivent affron­­ter des gens sans foi ni loi.

Aimé Andrianina

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