Week-end commémoratif. Certes les 9 et 10 août se suivent chaque année, mais les deux dates ne tombent un week-end que tous les sept ans. Et c’était le cas de 2025. Qui plus est, le 9 août 2025 marque les 80 ans du bombardement nucléaire des Américains sur Nagasaki au Japon, ayant fait près de 74.000 victimes. Trois jours avant, le 6 août 1945, Hiroshima, toujours au Japon, a subi la même cruauté, ayant coûté la vie à environ 140.000 personnes. C’était pour la paix, dit-on puisque ces deux bombardements ont signé la fin de la Deuxième Guerre mondiale et que désormais, les bombes nucléaires sont considérées comme des armes dissuasives sans être utilisées vraiment au combat. Mais, ces milliers de victimes, c’étaient des civils n’ayant rien à voir avec la Guerre. Leur seule faute était peut-être de s’être retrouvés au mauvais endroit au mauvais moment. Car il n’y avait pas de sommation avant le largage de ces explosifs.
Pour le cas du 10 août, cette date marque le début de la fin de la deuxième République de Madagascar et sa devise « Tanindrazana, Tolom-piavotana, Fahafahana – Patrie, Révolution, Liberté ». Les aînés se souviendront qu’il y 34 ans, le 10 août 1991, des manifestants las du régime socialiste, se sont rués vers le palais d’Etat d’Iavoloha. Mais ce mouvement populaire initié par les « Hery velona » ou forces vives, a fait une cinquantaine de morts et pas moins de 300 blessés. Parmi les rares ouvrages à consulter pour comprendre ce qui s’est passé au début de la dernière décennie du 20e siècle à Madagascar, celui d’Henri Rasamoelina, « Tolom-bahoaka 1991 » paru aux éditions Ivonea en 2017. Aujourd’hui encore, il y en a ceux qui veulent accaparer le pouvoir par la force, mais il ne faut pas oublier que le président demi de ses fonctions à l’issue de ce 10-Août, est retourné au pouvoir quelques années plus tard. Nous avons ce devoir de mémoire pour éviter que la crise cyclique ayant ébranlé notre vie nationale, ne se reproduise.
Rakoto




