Menace à l’encontre de la journaliste Gaëlle Borgia: le MEF dément tout lien avec l’auteur des propos

Le ministère de l’Economie et des finances (MEF) a formellement démenti tout lien avec Philippe Rajaonarivelo, l’individu soupçonné d’avoir proféré des menaces à l’encontre de la journaliste Gaëlle Borgia sur le réseau LinkedIn. Dans une déclaration officielle publiée hier, les autorités affirment que cet homme ne détient aucune fonction au sein du ministère, contrairement à ce qu’il laisse entendre.

Ce démenti intervient alors qu’un message publié par Gaëlle Bor­gia sur ses réseaux sociaux fait état de menaces explicites reçues via LinkedIn. La journaliste de TV5 Monde, qui travaille sur des enquêtes sensibles à Madagascar, affirme avoir été prévenue qu’elle pourrait être empoisonnée, victime d’un accident de la route ou même assassinée si elle poursuivait ses investigations.
L’auteur présumé de ces propos, Philippe Rajaonari­velo, se présente en ligne comme chef de service au sein du ministère des Fi­nances. Une information immédiatement contestée par le ministère de l’Eco­nomie et des finances. «Conformément aux vérifications effectuées par la Direction des Ressources Humaines, le nommé Philippe Rajaonarivelo n’occupe actuellement aucune fonction au sein du ministère», indique le communiqué. «Il n’est ni chef de service, ni agent», insiste l’institution. Cette précision vise à couper court à toute association entre l’auteur des propos controversés et l’institution ministérielle.
Excuses de Philippe Rajaonarivelo
Suite à la polémique, Philippe Rajaonarivelo a publié un message de clarification, exprimant ses regrets quant à l’interprétation de ses propos. Il affirme n’avoir jamais eu l’intention de menacer la journaliste et as­sure que ses mots relevaient d’un « second degré » mal compris dans un contexte sensible.
« J’ai du respect pour le travail de Mme Borgia et je l’encourage dans son engagement journalistique », écrit-il, tout en présentant ses excuses à la journaliste et au ministère, expliquant qu’il avait exercé dans l’administration publi­que entre 2003 et 2004, mais sans mettre à jour ses informations professionnelles depuis.

Un climat tendu pour les journalistes locaux
Ce nouvel épisode intervient dans un climat de plus en plus tendu à l’égard des professionnels du métier. Selon Reporters sans frontières (RSF), plusieurs professionnels de l’information étrangers comme locaux ont récemment été victimes d’intimidations liées à leur travail.
RSF condamne fermement ces pressions et rappelle que «toute tentative de réduire au silence des journalistes est inacceptable».
Le ministère de l’Eco­nomie et des finances, pour sa part, entend préserver son image et son impartialité. Par ce démenti, il tente de mettre un terme aux confusions et de réaffirmer son détachement total vis-à-vis de l’affaire, qui continue toutefois de susciter de nombreuses réactions dans l’opinion publique.

N.A

Partager sur: