A Ankilimaliniky, la Gendarmerie nationale de Toliara forme depuis plusieurs semaines les membres du comité de vigilance communautaire « Voromahery ». Cette initiative, menée dans les fokontany de la commune, devrait permettre de renforcer la sécurité locale en associant directement la population aux forces de l’ordre.
Dix fokontany sur les treize que compte la commune ont déjà bénéficié de cette formation. Ankilimaliniky sert ainsi de commune pilote dans la région Atsimo Andrefana. A terme, l’expérience sera élargie aux autres communes et districts de la région. Contrairement aux accusations relayées dans certains médias, ce comité n’est pas une milice. Il repose sur une base légale, inscrite dans le décret n°2002-1170 sur l’organisation des fokontany et le décret n°94-608 qui encourage la participation de la population rurale à la sécurité et à la lutte contre les vols de bœufs.
Le comité Voromahery s’inscrit donc dans une logique de collaboration entre habitants, autorités locales et forces de l’ordre. Ses membres, tous citoyens de la commune âgés de plus de 18 ans, participent à la surveillance de leur environnement et signalent les activités suspectes. Leurs actions ont déjà porté leurs fruits : en juillet dernier, deux interventions coordonnées avec les forces de sécurité de Toliara ont permis l’arrestation de malfaiteurs responsables de menaces, prises d’otages et dégradations d’infrastructures dans plusieurs fokontany.
Adhésion des habitants
Face aux critiques, les habitants défendent leur engagement. Ils dénoncent ceux qui, après avoir semé le désordre, accusent aujourd’hui la population d’être du mauvais côté. « Avant de traiter le comité Voromahery de milice, il faut connaître son histoire et son rôle », rappellent-ils.
Car l’initiative puise aussi ses racines dans la culture locale. Chez les Masikoro, la tradition d’autodéfense villageoise, baptisée « Voromahery », existe depuis des générations. Elle constituait déjà un rempart contre les attaques de dahalo et les actes de banditisme. Le comité actuel s’inscrit dans cette continuité et modernise les pratiques avec l’appui des autorités.
La formation dispensée par la Gendarmerie couvre plusieurs volets : procédures d’alerte, organisation de patrouilles, techniques de surveillance et promotion de la sécurité des biens et des personnes. En consolidant ce partenariat entre citoyens et forces de l’ordre, l’idée consiste à restaurer un climat de confiance et assurer la paix dans les zones rurales exposées aux menaces.
Arh.




