Le terroir du pays

De la farine de manioc à la place de la farine de blé ? C’est possible On sait que des recherches dans ce sens ont déjà été engagées par des chercheurs malgaches au ni­veau du Fofifa. Mais com­me toujours, les fruits de ces recherches ont finalement atterri tout au fond des tiroirs.
Aujourd’hui, une en­treprise locale relance l’idée en produisant sur place de la farine de ma­nioc de qualité exception­nelle et très appréciée par les consommateurs et qui pourrait remplacer la farine de blé dans toutes les créations culinaires.
Pour beaucoup de Mal­gaches, la consomma­tion de manioc est limitée (sauf en milieu rural) en raisons de nombreux préjugés qui n’ont au­cun fondement scientifi­que tel que le manioc serait plus difficile à digérer, qu’il déminéraliserait l’or­ganisme… En fait, ce ne sont là que des préjugés.
Le problème est que beaucoup de Malgaches sont imperméables à de nouvelles habitudes alimentaires. Le même prob­lème se rencontre par rapport à d’autres produits. Par exemple, la myciculture ou la culture de champignon éprouve des problèmes pour se développer en raison d’une consommation limitée.
La raison est que beaucoup de Malgaches n’en consomment pas à cause de préjugés. Parmi ceux-ci, on peut avancer les ris­ques d’empoisonnement. Or, ils doivent savoir que les myciculteurs sont de vrais professionnels qui connaissent très bien quels sont les champignons comestibles ou non.
L’un des plus grands avantages de la culture du manioc est qu’il pousse partout à Madagascar. Donc, il est plus disponible. Ce n’est pas comme le blé dont la culture à Ma­dagascar se limite dans le Vakinankaratra. Ce qui limite la quantité produite. Aussi faut-il importer du blé et surtout de la fari­ne de blé.
Pourtant une vulgarisation très élargie de l’utilisation de la farine de manioc à la place de la farine de blé serait d’un immense avantage pour le pays. Il n’y aura pas de régions défavorisées par rapport aux autres. Cha­que région pourra en produire.
De plus, on peut largement améliorer le rendement dans la culture du manioc. Si aujourd’hui, dans la culture traditionnelle, le rendement moyen est généralement de 7 à 8 t/ha, avec une production mécanisée, on peut facilement atteindre les 16 t/ha (45 à 90 T/ha dans d’autres pays).
Bien entendu, il faut que la population suive le changement en matière d’habitudes alimentaires et s’adapte à cette nouvelle formule de consommation. Ce qui n’est jamais acquis à l’avance. Autre­ment, on peut toujours se pencher vers l’exportation de la production.
Cela se traduira par des pertes pour le pays. On continuera à importer massivement du blé ou de la farine de blé entrainant des sorties importantes de devises qui sont pourtant indispensables pour l’économie du pays. Et pour cause : On ne consomme pas suffisamment le terroir du pays.

Aimé Andrianina

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