Malgré des progrès observés dans plusieurs domaines, certaines inégalités persistent encore dans plusieurs secteurs, notamment dans l’éducation, la santé, l’économie et le socioculturel, selon le constat du Programme alimentaire mondial (Pam) dans son analyse sur le genre, de la protection et de l’inclusion pour Madagascar. Une étude qui a reçu l’appui du gouvernement, du Bureau national de gestion des risques et catastrophes (BNGRC) ainsi que de l’Agence de coopération norvégienne Norad. Elle a fait l’objet d’une restitution la semaine dernière à l’hôtel Ibis Ankorondrano.
Dans ce rapport, le Pam a cité à titre d’exemple qu’en matière d’éducation, une part importante des femmes adultes est encore analphabète dont 23,9% contre 21,4 % pour les hommes. Sur un autre plan, les filles sont toujours exposées à plusieurs risques d’échecs scolaires en raison de leur forte implication dans les tâches domestiques, d’autant plus que de la violence sexiste à l’école à cause du manque de pouvoir d’action et, surtout des mariages d’enfants et des grossesses précoces. Dans le domaine de la santé, en particulier la santé sexuelle, reproductive (SSR) pour les adolescentes, l’accès reste limité. Seulement 45,8 % des femmes ont accès aux accouchements assistés. Le taux de mortalité maternelle est ainsi élevé avec 335 décès pour 100.000 naissances vivantes.
Sur le plan socioculturel, beaucoup de normes sociales néfastes persistent et limitent fortement le pouvoir d’action et de décision des femmes et des filles. 41% des femmes ayant déjà été mariées ont subi au moins une forme de violence, 38,8 % des femmes âgées de 20 à 24 ans ont été mariées avant l’âge de 18 ans. Et en termes d’inclusion, beaucoup de Personnes en situation de handicap (PSH) ne jouissent pas de leurs droits à l’éducation, à la santé, et à l’emploi.
Recommandations
Face à ce contexte, des recommandations ont été émises par le Pam dans son rapport. Entre autres, veiller à établir une représentation équitable et l’inclusion systématique des groupes marginalisés dans la prise de décision et toutes les initiatives communautaires, mettre en œuvre des programmes de formation et appui à l’entrepreneuriat, concevoir et mettre en œuvre des programmes d’adaptation au changement climatique de soutien à la gestion des ressources ainsi que de promouvoir des mesures adéquates pour l’accès équitable.
Pour les parties prenantes, le Pam encourage le soutien aux mécanismes de gestion de l’eau, l’amélioration de l’accès des femmes, des jeunes, des personnes âgées et des PSH aux services essentiels ainsi que l’établissement des programmes d’intervention adaptés et inclusifs pour répondre aux besoins spécifiques des différentes populations face aux chocs climatiques, en incluant des initiatives pour la sécurité alimentaire, l’accès à l’eau et les soins de santé.
Recueillis par Sera R.




