Chan 2025 : qualification héroïque des Barea en demi-finales

Dans une chaleur étouffante du Nyayo National Stadium de Nairobi, les Barea de Madagascar ont écrit une nouvelle page glorieuse de leur histoire footballistique. Ils ont barré la route des demi-finales aux Harambée Stars du Kenya, après une séance de tirs au but à fort suspense.

Contre toute attente, dans un duel acharné face au Kenya, alors que les Barea semblent à la dérive, les protégés du sélectionneur Romuald Rakotondrabe (Roro) ont arraché une qualification pour les demi-finales du Championnat d’Afrique des Nations (Chan) pour la deuxième fois consécutive, s’imposant 4-3 aux tirs au but, après un match nul 1-1 au terme de la prolongation. Ce triomphe dans l’antre des Harambee Stars, est bien plus qu’une victoire : c’est un exploit signé par une nation insulaire, souvent sous-estimée sur la scène continentale.

Un match sous haute tension

Dès le coup d’envoi, l’intensité était palpable. Les Kenyans, portés par leur fervent public, ont imposé leur rythme avec une possession légèrement supérieure (53,9 %) et une agressivité dans les duels. Leur but inscrit à la 48e minute par Alphonce Omija sur un coup de tête précis à la suite d’un coup franc, a fait trembler les gradins et a semblé donner l’avantage psychologique aux Harambee Stars. Mais les Barea, fidèles à leur esprit de combattants, n’ont jamais baissé les bras.
Malgré une possession de balle moindre (46,1 %), Madagascar avec une formation tactique de 4-4-2, a su se montrer dangereux, notamment grâce à la vivacité de Fenohasina Razafimaro. C’est lui, à la 69e minute, qui a transformé un penalty crucial après une main de Lewis Bandi dans la surface, ramenant les deux équipes à égalité (1-1). Ce but, comme un éclair dans le ciel kenyan, a galvanisé les Barea et leurs supporters, peu nombreux mais bruyants, présents dans les travées.
Une prolongation épique

La prolongation a été un véritable bras de fer. Les deux équipes épuisées mais déterminées, se sont rendu coup pour coup. Les Malgaches menés par un Lalaina Rafanome­zantsoa omniprésent au milieu, ont multiplié les incursions, avec des tirs bloqués et des tentatives audacieuses, comme celle de Toky Rakotondraibe, qui a frôlé le cadre à la 103e minute.
De leur côté, les Kenyans, avec leurs 11 corners contre seulement 2 pour Madagas­car, ont poussé, mais se sont heurtés à une défense malgache héroïque, emmenée par un Michel Ramandimbisoa impérial dans les cages.
Les statistiques témoignent de l’équilibre de ce duel : 17 tirs pour le Kenya, 12 pour Madagascar, avec une précision de tir légèrement supérieure pour les Barea (33,3 % contre 29,4 %). Les Malgaches, avec 85,7 % de réussite dans leurs tacles, ont affiché une solidité défensive remarquable, compensant leur léger retard en possession par une combativité sans faille.

Moment de vérité

C’est dans la séance des tirs au but que les Barea ont véritablement fait chavirer les cœurs. Face à la pression d’un stade acquis à la cause kenyane, les Malgaches ont fait preuve d’un sang-froid exceptionnel.
Tony Randriamanampisoa a ouvert le bal en trouvant le coin supérieur gauche, suivi par Lalaina Rafanomezantsoa, qui a expédié un tir imparable en pleine lucarne. Malgré un penalty manqué par Toky Randrianirina, sauvé par Byrne Omondi, Madagascar a repris l’avantage grâce à une parade décisive de Michel Ramandimbisoa sur le tir de Mike Kibwage. Fenohasina Razafimaro, encore lui, a redonné l’espoir en marquant, avant que Toky Rakotondraibe ne scelle l’exploit en transformant le penalty décisif, envoyant le Kenya dans le silence et les Barea dans l’euphorie.
Cette victoire n’est pas seulement un résultat sportif. Elle incarne l’âme d’une nation. Madagascar, souvent dans l’ombre des géants du football africain, prouve une fois de plus que la passion, la discipline et la détermination peuvent renverser des montagnes. Battre le Kenya, chez lui, dans un stade bouillant, est un message fort envoyé au reste du continent : les Barea ne sont pas là par hasard.

Le rêve continue

En se qualifiant pour les demi-finales du Chan, Madagascar s’offre une nouvelle opportunité de briller. Ce parcours, marqué par une résilience à toute épreuve, rappelle celui de 2022, lorsque les Barea avaient atteint les demi-finales du Chan pour leur première participation. Aujourd’hui, ils continuent d’écrire leur légende, portée par un peuple qui vibre à l’unisson. Alefa Barea !

Naisa

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