Une triplette malgache a gravé son nom en lettres d’or dans les annales du National de Mulhouse, hier. Yves Rakotoarisoa, Lova Rakotoarisoa et Faratiana Rakotoniaina, dit Tianakely, ont composé une ode vibrante au bouchon, un chant d’acier et de poussière qui a fait chavirer les cœurs mulhousiens. Leur victoire, éclatante, résonne comme un hymne à la gloire de Madagascar, terre de passion et de boules enchantées.
Dès les 32e de finale, face à Ladison, Razafimaharo et Domeniconi, le trio a entonné sa première note, un point d’une précision céleste, suivi d’un tir foudroyant. Le ton était donné : ces virtuoses ne jouaient pas, ils dansaient. En 16e, contre Gutknecht, Masson et Alves, ils ont déroulé une partition sans fausse note, s’imposant 13-6, leurs boules semblant murmurer des poèmes au cochonnet. Les 8e, face à Piquard, Simonin et Andres, furent une nouvelle strophe, un 13-6 où chaque carreau de Lova sonnait comme un éclat de tonnerre, chaque point d’Yves un soupir d’harmonie.
En quarts de finale, Desblancs, Donnen et Cousentien ont tenté de briser la mélodie malgache mais Yves, tel un chef d’orchestre, a posé ses boules avec une grâce envoûtante, tandis que Tianakely, gardien du tempo, verrouillait le jeu. Un 13-5 sans appel, et la voie des demi-finales s’ouvrait, tel un crescendo irrésistible.
Le duel fratricide contre leurs compatriotes Jean-François Rakotondrainibe (Zigle), Urbain Ramanantiaray (Baloty) et Tonnerre Razanadrakoto fut une épopée. Dans ce choc de titans, chaque mène était une strophe épique : Yves, pointeur inspiré, caressait le terrain de ses boules amoureuses. Lova, tireur possédé, faisait chanter le fer dans des carreaux d’anthologie. Tianakely, pilier d’harmonie, tissait le lien entre ses partenaires. Un 13-7 majestueux, et le trio s’envolait vers la finale, porté par les acclamations d’un public sous le charme.
En finale, face à Blandin, Courroy et Fouquet, la triplette malgache a livré son chef-d’œuvre. Yves, tel un peintre, dessinait des points au plus près du bouchon, chaque boule une goutte de lumière. Lova, archer des terrains, faisait voler les boules adverses dans des tirs d’une précision divine. Tianakely, roc inébranlable, orchestrait le milieu avec une sérénité de sage. Le score, 13-8, n’était qu’un écho de leur domination, une dernière note d’un récital qui a fait vibrer Mulhouse jusqu’à l’extase.
Un salut fraternel à l’autre triplette malgache, Zigle, Baloty et Tonnerre, dont le parcours fut une balade héroïque. Vainqueurs de Meckes, Schaffner, Muller, puis de Fournie, Duclos, Malbec (13-10 en quarts), ils ont porté haut les couleurs de Madagascar, avant de s’incliner face à l’irrésistible symphonie de leurs compatriotes.
Naisa




