La compagnie aérienne Madagascar Airlines a validé la prolongation du mandat de son directeur général, Thierry de Bailleul, à la tête de l’entreprise depuis décembre 2022. La compagnie indique que cette décision met fin aux rumeurs de départ qui avaient circulé en juillet et s’inscrit dans la continuité du plan de transformation « Phénix 2030 », pilier du redressement de l’entreprise.
Le Conseil d’administration et l’Etat malgache ont conjointement demandé à Thierry de Bailleul de poursuivre sa mission. «Je le fais avec la même exigence qu’à l’origine, pour la réussite du projet et non pour un enjeu personnel», a précisé le dirigeant, dans un communiqué publié hier.
Cette stabilité intervient à un moment où Madagascar Airlines mène une restructuration, soutenue par un financement de la Banque mondiale. L’institution a déjà mobilisé 25 millions de dollars sur un engagement total de 65 millions. A terme, ce soutien pourrait atteindre 80 millions de dollars supplémentaires, répartis entre la compagnie (40 millions) et les infrastructures aéronautiques (40 millions).
«Ce financement est d’ailleurs inédit : c’est la première fois que la Banque mondiale accepte de soutenir un projet de compagnie aérienne, témoignant ainsi de la confiance accordée à la trajectoire engagée par le Plan Phénix 2030 et à la gouvernance en place », soutient la compagnie.
Gage de continuité
Deux conditions demeurent toutefois essentielles pour garantir l’accès à ces financements. La première concerne « l’offre de reprise des actifs d’Air Madagascar et de Tsaradia », déposée en avril dernier par Madagascar Airlines. Elle vise à mettre fin au contrat de location-gérance en cours et doit encore obtenir le feu vert du Tribunal de commerce. La seconde concerne « l’exemption des droits et taxes à l’importation sur les avions et équipements aéronautiques ». Une mesure avalisée par les pouvoirs publics, mais qui attend encore sa mise en œuvre effective.
Pour Madagascar Airlines, ces étapes doivent se concrétiser rapidement. Tout retard risquerait de fragiliser la trajectoire de relance et de retarder l’accès aux fonds indispensables. Le maintien de Thierry de Bailleul à la direction générale apparaît ainsi comme un gage de continuité et de stabilité pour accompagner ces réformes sensibles.
Au-delà de la compagnie, les enjeux dépassent le secteur aérien. Le succès du plan Phénix 2030 repose sur une mobilisation collective du gouvernement, de la Banque mondiale et de l’entreprise elle-même.
Arh.




