Les compagnies de danse mauriciennes JDance Pro et Free Move Dancers sont actuellement en terre malgache pour une immersion culturelle et une résidence de création de leur pièce contemporaine
« Les Nègs », présentée en avant-première ce dimanche sur les planches de la Cité des Cultures Antaninarenina, dans le cadre de la 11e édition du laboratoire chorégraphique Labdihy.
«Cette pièce nous ramène à nos origines. Les Nègs, un diminutif de négriers, évoque les sentiments et les relations entre esclaves à l’époque. Ce n’est ni une célébration ni une commémoration, mais plutôt une prise de conscience, ces êtres qui étaient là avant tout, étaient des êtres humains. C’est aussi une pièce où l’on valorise beaucoup l’échange culturel et le langage de l’océan Indien», souligne Jason Louis de Free Move Dancers.
Pour donner vie à cette œuvre, les danseurs mauriciens et malgaches participent à des ateliers professionnels dirigés par le chorégraphe Ariry Andriamoratsiresy, tout en favorisant les échanges culturels entre Maurice et Madagascar.
«Notre ami Jason nous a parlé de cet endroit, du Labdihy. Il nous a dit qu’on allait découvrir un autre monde, une autre facette de la danse qu’on ne connaissait pas. Et c’est pour cela que nous sommes ici», explique Joanne Prosper, fondatrice et directrice de la compagnie JDance Pro. Même ressenti du côté du percussionniste Finlay David. «Je suis venu pour rencontrer les percussionnistes d’ici, et envisager des échanges encore plus fructueux à l’avenir avec notre style. Depuis cette semaine, j’ai déjà pu voir et apprendre un peu de leur manière de jouer. C’est sûr qu’on reviendra. On jette un peu les bases pour l’avenir, et on sera très heureux de revenir», a-t-il promis.
Il est essentiel de revenir aux sources dans un contexte mondial où la danse évolue aujourd’hui dans un univers influencé par les tendances, notamment sur TikTok. «L’objet de notre voyage est d’acquérir de nouvelles inspirations et expériences grâce à cet atelier et ce laboratoire chorégraphique, pour qu’à Maurice, nous puissions continuer à faire vivre la danse, continuer à évoluer, à briller. Car aujourd’hui, on est très pris dans cette ère technologique et on oublie bien souvent nos racines», conclut Jason Louis.
Joachin Michaël




