Fiherenantsoa Ratolojanahariharimanana, un étudiant en master 2 à l’Institut universitaire de l’innovation technologique de Vakinankaratra (Iesav), de la mention Environnement, a mené une étude sur la valorisation et conservation de l’espèce Salvia sessilifolia (Lamiaceae), connue sous le nom de « Tsiparapandy » dans la région du Vakinankaratra. Son objectif est d’approfondir les connaissances scientifiques sur cette espèce qui est renommée pour ses capacités thérapeutiques. Interview.
* Les Nouvelles : Pourquoi avez-vous choisi l’étude de cette plante ?
– Fiherenantsoa Ratolojanahariharimanana : Par sa renommée qui est non seulement aromatique, mais également de ses capacités thérapeutiques. Mon objectif est ainsi d’approfondir les connaissances sur ses composantes scientifiques à travers des échantillonnages provenant d’Imanga, Ampahabe et Antsahavory, du district Faratsiho, de la région du Vakinankaratra.
* Comment avez-vous donc mené votre étude ?
– Nous avons adopté une approche combinant des investigations de terrain et des analyses en laboratoire. Sur le terrain, des enquêtes ethnobotaniques ont été menées auprès des populations locales afin de documenter leurs connaissances traditionnelles concernant les usages de la « Salvia sessilifolia ». Ainsi, un inventaire de la flore associée a été réalisé.
En laboratoire, l’huile essentielle a été extraite par hydrodistillation. La composition chimique de l’huile essentielle a été déterminée par chromatographie en phase gazeuse (CPG), et son activité antiradicalaire a été évaluée à l’aide d’une solution de DPPH.
* Quels ont été les résultats obtenus ?
– Les résultats ont révélé plusieurs aspects importants de la «Salvia sessilifolia». Premièrement, cette plante est traditionnellement utilisée pour traiter un éventail de maladies, notamment la fièvre, la toux et les maux de dents. Deuxièmement, un inventaire floristique a permis d’identifier 46 espèces associées à la « Salvia sessilifolia », dont une majorité sont des espèces autochtones endémiques. Troisièmement, le rendement en huile essentielle varie en fonction du lieu de collecte, avec des valeurs de 0,59 g, 0,88 g et 0,72 g respectivement pour Ampahabe, Antsahavory et Imanga. Quatrièmement,
l’analyse chimique a révélé que les composés majoritaires de l’huile essentielle sont le β-caryophyllène, le myrcène et l’oxyde de caryophyllène. Enfin, l’huile essentielle a démontré une activité antiradicalaire significative.
* Quelles sont vos perspectives et recommandations après cette étude ?
– L’étude contribue à l’enrichissement des connaissances sur la biodiversité de Madagascar. Elle met en valeur les savoirs traditionnels associés à l’utilisation des plantes médicinales. Il serait ainsi pertinent d’étudier plus en détail les propriétés pharmacologiques de l’huile essentielle de la «Salvia sessilifolia», notamment son activité anti-inflammatoire, antibactérienne et antifongique.
Il est aussi important d’évaluer le potentiel de cette plante pour le développement de nouveaux médicaments ou de produits naturels. Enfin, des stratégies de conservation doivent être mises en place pour protéger cette espèce endémique et son habitat.
Propos recueillis par Sera R.




