Face à une coupure d’électricité de plus de 24 heures et au manque d’eau, les étudiants de l’Ecole supérieure polytechnique d’Antananarivo (Espa) sont descendus dans la rue hier. Barrages routiers, slogans enflammés, affrontements avec les forces de l’ordre… La tension est montée d’un cran. Bilan : sept étudiants et un gendarme blessés.
Sous haute tension. La journée d’hier l’était à Vontovorona. Très tôt le matin, les polytechniciens ont donné le ton : sifflets, cris et appels à manifester ont réveillé le quartier. Leur message est clair : trop, c’est trop. Depuis la veille, l’électricité est coupée. Aucun retour du courant hier matin, et l’eau est également indisponible. En pleine période d’examen et de rattrapages, les étudiants dénoncent une situation intenable. « Sans électricité, on ne peut ni étudier, ni cuisiner, ni se connecter à Internet. On est complètement bloqués », lance un étudiant en colère, mégaphone à la main.
Un mouvement qui prend de l’ampleur
Rapidement, des barrages sont installés sur les routes menant à Vontovorona. Les voitures, taxis et motos sont bloqués. Solidaires ou tout simplement pris au piège, certains habitants n’ont eu d’autre choix que de continuer à pied. La mobilisation dépasse les murs du campus : les étudiants affirment que « toute la population est victime de ces délestages à répétition ». « Cours bloqués, avenir menacé, pas de lumière, pas de savoir, Jirama, écoute nos cris », ont fait entendre les grévistes.
Affrontements avec les forces de l’ordre
Mais la tension monte d’un cran lorsque les forces de l’ordre interviennent pour tenter de disperser les manifestants. Des échauffourées éclatent. Jets de pierre contre gaz lacrymogènes. Le bilan est lourd : sept étudiants blessés et un gendarme touché lors des affrontements.
Les étudiants dénoncent une répression violente et promettent de ne pas reculer. « Nous resterons mobilisés tant que la lumière ne reviendra pas », préviennent-ils. La situation reste tendue dans la localité, et aucune solution concrète n’a encore été annoncée par les autorités locales ou la Jirama. Tant que la fourniture d’énergie ne sera pas rétablie de manière stable, les manifestants annoncent que le mouvement pourrait se poursuivre.
Fahranarison




