Antsiranana: Boom du phénomène du Khat

Le Khat connait un boom à Antsiranana actuellement et constitue ainsi un véritable busines dans la région allant jusqu’à son exportation vers les îles voisines. De source locale, une heure à peine après leur arrivée sur le marché, tous les vendeurs du Khat écoulent leurs marchandises.

«Si les feuilles sont ex­posées longtemps au soleil, elles perdent de leur fraîcheur. C’est pourquoi la marchandise se vend très rapidement », selon ces derniers. Du point de vue con­sommation, les aguerris
du Khat consomment en moyenne entre 15.000 et 20.000 ariary par semaine.
Le Khat fut acheminé à Antsiranana par des émigrants yéménites, somaliens et comoriens recrutés pour répondre aux besoins de main-d’œuvre. Sa commercialisation était tolérée mais pas légalisée. De ce fait, toute une économie faisant intervenir des milliers d’acteurs s’est organisée dans la région autour de cette plante.

Conférence-débat

Ce contexte a amené le programme « Les voix du vivant », une initiative qui s’inscrit dans une démarche de reconnaissance et de valorisation des recherches à l’université d’Antsiranana, ainsi que la Fondation de l’innovation, à organiser avant-hier une conférence-débat portant sur le thème « Du bon et mauvais usage sociétal des plantes : le Khat comme enjeu de durabilité dans le Nord de Madagascar » au Centre d’information et de documentation pour le dé­veloppement de la recherche de l’Université d’Antsira­nana. Une conférence qui a réuni des chercheurs, praticiens, artistes ainsi que des responsables politiques, sans oublier les autorités locales.
D’après « Les voix du vivant »,  les discussions, les échanges ainsi que les résolutions proposées durant cette conférence ont été restituées auprès des autorités concernées de la région. « La consommation du khat ne doit surtout pas se faire au détriment de l’environnement ni bien être sociale et économi­que », s’est exprimée le professeur Josie Dominique, Enseignante-chercheure de l’université d’Antsiranana, et non moins Directrice de la recherche et de l’innovation du ministère de l’Enseigne­ment supérieur et de la re­cherche scientifique (Mesu­pres), dans son allocution à l’ouverture de la conférence. « Les résolutions ont été axées en général autour d’une harmonisation sociale vis-à-vis du phénomène Khat », a indiqué de son côté le docteur Sy­drique Miaraka, vice-président de l’université d’Antsi­ranana chargé du développement du partenariat.

« Les voix du vivant »

A noter que « Les voix du vivant » est un programme qui propose une vision invitant à repenser les hiérarchies du savoir et à promouvoir des démarches interdisciplinaires et inclusives. Il est également un programme intégré à l’initiative de la Fondation de l’innovation pour la démocratie. Dans son objectif, il cherche à impulser une culture de pensée critique, à dynamiser le débat public et scientifique autour de la préservation du vivant, et à promouvoir une utilisation soutenable des ressources naturelles.
Dans sa perspective, le programme ambitionne de créer un réseau dynamique d’échanges culturels et scientifiques, d’organiser des événements dans plusieurs villes malgaches telles qu’Antananarivo, Toliara
et Antsiranana ainsi que
d’étendre les rencontres aux îles de l’Océan Indien comme les Comores, Maurice et les Seychelles, afin de renforcer la coopération régionale et de valoriser les initiatives locales.

Sera R.

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