Couvrir un mouvement « pacifique » est une chose, mais couvrir une manifestation bouillonnante qui dégénère en affrontement entre les Forces de l’ordre et les manifestants, c’est une autre paire de manche pour les journalistes, dans une période de troubles. C’est là qu’on se rend vraiment compte que la liberté de
presse est toute relative, plus que jamais menacée, que c’est un métier dangereux et à risque qui n’est pas fait pour tout le monde.
En résumé, la mission sacrée des journalistes est de rapporter fidèlement, d’analyser et de commenter les faits exacts sans les dénaturer. Et ce n’est pas facile du tout, particulièrement dans les points chauds qui se transforment en champ de bataille, mettant en danger leur sécurité. Les incidents scandaleux survenus récemment, lors de la manifestation contre le délestage dans la Capitale en témoignent.
Certes, les Forces de l’ordre ont déjà reçu des consignes claires sur les procédures à suivre sur le terrain. Mais de là à s’en prendre physiquement à des journalistes dans l’exercice de leur métier, sans ménagement, constitue un abus manifeste et une véritable atteinte à la liberté de la presse.
Soit ces éléments sont mal briffés, soit ils empêchent carrément les journalistes de faire leur travail à tel point qu’ils osent gifler l’un deux, après avoir pris en photo les opérations de maintien de l’ordre, sans parler de la destruction volontaire de matériels et
l’utilisation des grenades lacrymogènes visant les gens du métier.
Comme aucun texte n’interdit les journalistes de couvrir les manifestations à Madagascar, les Forces de l’ordre n’ont pas le droit, ni le pouvoir de s’opposer à la captation d’images ou de sons, lors d’opérations qu’elles mènent dans les lieux publics. Le droit à l’information est bafoué alors que la presse et les médias sont essentiels à la démocratie, à la liberté d’opinion et d’expression. Laissez les journalistes faire leur travail.
Andry Rabeson




