L’histoire retiendra que les crises politiques permanentes qui ont secoué Madagascar, étaient catalyseurs de fragilité du tissu économique et social. Et celle qu’on est en train de vivre actuellement, ne fait pas exception. A vrai dire, on commence déjà à ressentir son impact et ses effets négatifs à court terme. Et le pire est à venir si cette impasse politique perdure.
Qui a cru voir ça, il y a encore quelques semaines. Les activités économiques en centre-ville, sont quasi à l’arrêt, touchant pas seulement le secteur informel, mais également formel. Après un calme relatif en début de matinée, Analakely et ses alentours s’apprêtent à vivre une journée explosive au sens propre du terme et ce, depuis le 25 septembre. Les manifestants commencent à s’attrouper et s’organiser aux différents points d’accès du centre-ville, menant directement vers la place de 13 mai. Face à eux, les Forces de
l’ordre déployées en grand nombre, les attendent de pied ferme, prêtes à exécuter les ordres reçus.
En quelques heures, Analakely est déserté et inaccessible, causant des désagréments d’ordre général. La circulation en pagaille. Tous les magasins, les centres commerciaux et les entreprises
ferment leurs portes tout en sachant que les échauffourées sont inévitables comme les tirs de gaz lacrymogène et les jets de pierre. Même scène dans les provinces, entrainant de lourdes conséquences économiques.
Même les domaines culturels et sportifs sont affectés. Face à cette situation et pour des raisons de sécurité, des fédérations sportives et organisateurs d’événements cultures, ont pris des décisions radicales, celles de reporter ou annuler des rencontres et des rendez-vous déjà au programme.
Dans la même foulée, cette conjoncture a aussi fait grimper les inquiétudes chez les commerçants et la population de la Capitale. Pour le moment, les prix des produits de première nécessité, restent stables sur le marché, mais pas pour longtemps. Ça va flamber si Madagascar continue de s’enliser dans cette crise politique. C’est toute la chaîne d’approvisionnement qui risque d’être chamboulée.
Du côté de l’opposition, rien de tel qu’une crise et une période de troubles, pour ébranler davantage le régime en place. Malgré l’appel au dialogue lancé par le président de la République, les opposants campent sur leur position, celle de mettre à disposition de la population la place du 13 mai, afin que les citoyens expriment leur volonté et opinion. Et le régime en place sait où elle veut en venir, sans pour autant céder à leur exigence.
Manifestement, l’opposition n’a pas l’intention de dénouer cette crise. Au contraire, l’objectif est même d’enflammer ces tensions sociales au profit de leur politique politicienne.
Rakoto




