Aveugles et malvoyants: la canne blanche reste un outil de luxe

« Avec son coût d’environ 60 euros actuellement, plus de 300.000 ariary, la canne blanche reste toujours un outil de luxe pour la majorité des aveugles et malvoyants à Madagascar », a déploré le président de la Fédération des associations des aveugles de Madagascar (Faam), Johnson Randriatahiana, lors de la célébration de la Journée internationale de la canne blanche, hier.

Johnson Randriatahiana précise également que ce prix est au moins doublé si la canne est pliante ou à base de fibre de carbone. A part le fait d’être un moyen d’identification de son propriétaire en prévenant les autres de son handicap, cet outil a également son importance dans ses déplacements et lui devient ainsi indispensable.
D’après l’Union nationale des aveugles et déficients visuels (Unadev), 3% de la population sont des aveugles ou souffrent d’une déficience visuelle à Madagas­car, soit dans les 780.000 personnes. «Privée de canne blanche, plus de la moitié d’entre eux est ainsi souvent condamnée à vivre cloitrée», a déploré le président de la Faam.

Application « Lookout »

A l’occasion de la Jour­née internationale de la canne blanche d’hier, cé­lébrée sous le thème «Se donner la main pour un développement inclusif et durable», la Faam a procédé au lancement de «Lookout» qui est une application gratuite de vision assistée par «Google» pour les malvoyants à partir de l’utilisation de la caméra d’une Smartphone. Cette application permet de lire à haute voix le texte pointé par la caméra, de scanner des pages de texte complètes et de les lire à voix haute ainsi que de décrire les objets et l’environnement autour de l’utilisateur.
Le président de la Faam lance ainsi un appel aux gens de bonne volonté afin d’aider les malvoyants à s’acquérir d’une Smart­phone munie de cette application, notamment auprès de ceux qui ont eu la chance de faire des études. «90% des jeunes aveugles qui ont eu la chance de faire des études réussissent toujours leurs examens, officiels ou non», a fait savoir Johnson Randria­tahiana.
Comme la canne blanche, le coût des moyens exploités pour continuer les études
est non seulement hors de prix. Cela à l’exemple de la machine à écrire braille qui se négocie autour de 3,5 millions d’ariary, en sus du papier pour impression braille dont la ramette de 200 feuilles est de 58.000 ariary. Pour l’acquisition d’une tablette tactile en braille, il faut prévoir dans les 28 millions d’ariary contre 30 millions d’ariary pour un ordinateur portable.

Sera R.

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