Sous surveillance

Les membres du nouveau gouvernement sont prévenus dès le départ. Ils n’auront que jusqu’à la fin de l’année pour faire leurs preuves. Leurs chantiers sont à la fois immenses et parsemés d’embûches. Leur objectif commun consiste à résoudre les problèmes immédiats dans la vie de la population dans leur département ministériel respectif : eau et électricité, prix des produits de première nécessité, corruption, tarifs des connexions Internet… Ils devront faire preuve de compétence à mener à bien la refondation de Madagascar dans tous les plans en l’espace de deux mois.
Qui parviendront à suivre le rythme et qui vont chuter dès les premières évaluations ? Dorénavant, l’équipe de la présidence de la refondation ne sera pas la seule à juger ces ministres. La population aussi a son mot à dire, particulièrement les jeunes prêts à reprendre la lutte si leurs revendications ne sont pas satisfaites. D’ailleurs, l’une des singularités de la récente manifestation populaire était que personne n’a le droit de s’en arroger le titre de meneur. Certes, des politiciens ont essayé de profiter de l’occasion, mais la jeunesse malgache ne les reconnaît pas comme ses leaders.
Dans ce monde ultraconnectée, les jeunes mieux équipés que les générations précédentes pour suivre l’actualité, sont prêts à tout pour avoir un avenir prometteur. Il y a quelques années, cette génération a été encore traitée d’irresponsable, paresseuse et capricieuse… mais non seulement à Madagascar, cette génération Z a prouvé qu’elle peut changer le cours de l’histoire si elle le veut. Ainsi, les membres du nouveau régime sont tenus de respecter leurs engagements au risque de subir le même sort que leurs prédécesseurs. Etant sous surveillance constante, ils doivent démontrer leurs capacités à répondre aux besoins de la population pour ne pas vivre une fin damnée…

Rakoto

Partager sur: