Cette année, le festival Sar’nao, organisé dans le cadre du Mois de la Photo, explore les nouvelles frontières de la création avec le thème « Vision IA ». Pour l’occasion, le photographe et fondateur du festival, Fidisoa Ramanahadray, présente une exposition inédite d’œuvres réalisées grâce à l’intelligence artificielle. L’événement se tient du 4 au 15 novembre à l’Alliance française d’Antananarivo (AFT).
«Auparavant, celui qui ne maîtrisait pas le numérique était considéré comme illettré. Aujourd’hui, celui qui ne maîtrise pas l’intelligence artificielle le sera tout autant », confie le photographe, l’un des doyens de la scène malgache. Malgré son expérience et les années, Fidisoa Ramanahadray a choisi d’embrasser cette nouvelle méthode technologique. Curieux et passionné, il s’est lancé dans une première exposition de 22 œuvres conçue exclusivement avec l’aide de l’IA, à travers lesquelles il explore la frontière entre le réel et l’imaginaire, entre la vision d’un peintre et la précision d’un photographe. Chaque image, accompagnée d’une légende, dévoile la démarche d’un créateur qui questionne sur le futur de la photographie.
L’IA, partenaire ou menace ?
Si l’IA séduit de plus en plus d’artistes, elle suscite aussi des débats éthiques et esthétiques à l’échelle mondiale. « Seule la conscience humaine et artistique peut en poser les limites », explique Fidisoa Ramanahadray. Pour lui, l’intelligence artificielle n’est pas un danger, mais un outil de création au service de l’imagination. « Autrefois, détourer une image complexe pouvait prendre des heures. Aujourd’hui, avec l’IA, cela se fait en quelques minutes. C’est un gain de temps considérable », ajoute-t-il, tout en soulignant les limites. L’IA ne ressent ni l’émotion, ni la sensibilité propres à l’humain, ce qui la rend encore plus créative par rapport à la machine. Elle ne perçoit pas ce que nous voulons transmettre. L’artiste lui, reste le cœur du processus créatif.
Au-delà de l’art, Fidisoa entrevoit un potentiel plus large. « A part la création artistique, l’IA pourrait aussi aider d’autres secteurs, comme l’agriculture. En photographiant des feuilles ou des sols, elle peut identifier les plantes, évaluer la fertilité ou recommander des engrais adaptés », s’est-il exprimé.
En marge de cette exposition, le festival Sar’nao propose d’autres rendez-vous autour de l’intelligence artificielle, comme des débats, des ateliers et un concours de photographies générées par l’IA. Une programmation qui invite le public à réfléchir à la place du numérique dans la création artistique contemporaine.
Holy Danielle




