C’est reparti pour un tour !

Pour bien longtemps encore, la solution à court terme au délestage, c’est le délestage. Il faut même s’armer de résilience et d’une bonne dose de patience, car cela va durer des heures et des heures, comme on le sait déjà, loin d’un effet d’annonce, à en croire la Jirama. D’ailleurs, cette dernière a déjà fait savoir que cette année sera difficile et le délestage fait partie du quotidien de la population. On peut toujours manifester notre grogne et ras-le-bol dans la rue à la nuit tombée en brûlant des pneus pour interpeller les responsables, mais la lumière ne reviendra pas de sitôt. Chacun son tour, pour ainsi dire.
Malgré la volonté exprimée d’atténuer la souffrance de la population, le régime actuel ne peut pas faire autrement que de procéder au retour des coupures de courant, après quelques semaines d’accalmie. Pas de miracle ni de magie, les problèmes d’approvisionnement en électricité restent entiers. Le pire est encore à venir. La solution n’apparait pas en un claquement de doigt. C’est dire que ce n’est pas demain la veille.
Et la politique d’austérité n’arrange pas les choses. Comme l’Etat se serre la ceinture, il ne peut pas se permettre d’allouer des subventions à la Jirama, pour l’achat de carburant, destiné à faire fonctionner à plein régime les centrales thermiques dont les besoins sont estimés à 17.000 m3 par mois en cette période d’étiage. Cela représente un coût faramineux de 600 millions d’ariary par jour pour le fuel lourd et 300 à 500 millions d’ariary pour le gasoil.
Face à ce contexte du déjà vu, le ministre concerné sera certainement sous pression. La seule solution de long terme est de poursuivre et d’accélérer la transition énergétique enclenchée par le régime précédent, à travers l’installation des parcs solaires.
Pour l’heure, les délestages semblent inévitables. Et difficile de faire avec les moyens du bord. Même la démission du Directeur général de la Jirama, Ron Weiss, ne résoudrait pas les problèmes. Certains ont même avancé que sa présence est utile, pour servir de rempart contre les abus, le vol de fuel de la Jirama, perpétrés pendant des années et constatés par la Cour des comptes, à l’origine de la situation dans laquelle la compagnie nationale d’eau et d’électricité se trouve actuellement.

J.R

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