L’affaire révélée récemment sur le démantèlement d’un réseau d’exploitation de jeunes à des fins de travail forcé au Cambodge a fait tiquer. Il y a de cela quelques jours, les images diffusées sur les réseaux sociaux, montrant des compatriotes réduits à l’état d’esclaves modernes, ont choqué par leur brutalité, car derrière ces visages, c’est toute une jeunesse en quête d’avenir qui se reflète.
Les promesses d’un emploi stable, d’un salaire de 700 dollars et d’une vie meilleure à l’étranger ont suffi à convaincre nombre de jeunes, souvent désœuvrés et sans perspective, de tenter leur chance. Les réseaux sociaux, devenus vitrines de rêves faciles, ont servi de pièges à ces illusions. Dans un contexte de précarité, d’inégalités et d’absence d’opportunités, certains sont prêts à croire à n’importe quelle porte de sortie. Et d’autres, malheureusement, en profitent.
L’individu arrêté par la police nationale n’est pas seulement un intermédiaire, il est le symbole de ces individus qui, au nom du profit, participent à la destruction des leurs. Pour quelques dizaines de milliers d’ariary et une commission en devises, il a contribué à envoyer ses compatriotes vers… l’enfer.
Cette affaire doit servir, en tout cas, d’électrochoc. Elle révèle à quel point la fragilité économique peut devenir un levier d’exploitation. Il ne suffit plus de mettre en garde contre les fausses offres d’emploi, il faut également donner aux jeunes des raisons de rester, des perspectives d’insertion et de formation.
Il faut aussi saluer le travail remarquable de la Police nationale dans cette affaire, en particulier du Service
central des enquêtes spécialisées et de la lutte contre les fraudes. Leur action a permis de démanteler un réseau tentaculaire et de ramener plusieurs victimes à Madagascar. Certes, d’autres sont faussaires sont encore dans la nature mais c’est déjà une avancée.
Rakoto




