Un combat difficile

Ces derniers jours, on a remarqué le retour au pays de nombreuses anciennes hautes personnalités qui ont vo­lontairement quitté le pays il y a quelques an­nées auparavant après avoir eu maille avec la justice à Madagascar à cause de malversations. Avant de partir, ces an­ciens dignitaires occupaient au sein du gouvernement de l’époque, des postes éminemment élevés.
Aujourd’hui, en raison du changement de régime, après quelques années d’exil volontaire, ils se pavanent en public comme si de rien n’était. Ils croient peut-être que ces années d’exil volontaire leurs ont permis d’expier leur crime. En effet, pour être bien clair, il faut dire qu’ils ont commis des crimes (dé­tournements de biens publics …).
Ils ont dû fuir à l’étranger pour ne pas subir les peines qui les attendaient sur place à cause de leur crime. Et ce qui étonne l’opinion pub­­lique c’est qu’ils semblent ne point du tout être inquiétés pour toutes les précédentes affaires les concernant, com­me si l’exil volontaire les avait effectivement blanchis de tous leurs méfaits.
Pour cette raison, l’exil volontaire pour une durée de quelques années va devenir le mode opératoire de tous ceux qui doivent quitter le pays dans des conditions pas très nettes. Cela a déjà été expérimenté par beau­coup de politiciens vé­reux. Par la suite, Ils ont pu revenir au pays blanchis de tout soupçon.
Ce qui n’est pas du tout de nature à redorer l’image de la justice. En effet, dans les conditions normales, au retour de toutes ces personnes qui trainent plus ou moins une casserole derrière elles, on pouvait s’attendre à une véritable ba­taille juridique avec tou­te une armada d’avocats pour les défendre. Mais cela n’a jamais été le cas.
Pourtant de nombreuses affaires méritent qu’elles soient de nouveau rattrapées par la justice. On se demande d’ailleurs pourquoi la justice ne communique-t-elle plus sur ces affaires. Elles semblent avoir été classées sans suite. Mais c’est l’erreur à ne pas commettre. Un jour ou l’autre, elles seront déterrées pour une raison ou une autre.
Face à l’absence de condamnation de ces personnes, en résumé, la question qui se pose est : Pourquoi ces personnes bénéficient-elles de ces avantages ? La loi doit s’appliquer à tous sans distinction de couleur politique, d’origine, de statut social…, donc sans privilège ni immunité. La lutte doit être menée de manière impersonnelle, sans esprit de vengeance ou revanche politique.
Quoi qu’il en soit,
l’égalité devant la loi et la justice pour tous sont loin d’être atteintes. Il y a toujours des personnes qui, malgré tous les crimes qu’elles ont commis, restent pour le moins, loin de la moindre inquiétude. Allez savoir pourquoi ? Ces faits montrent que le combat mené contre l’impunité sera difficile.

Ranaivo Lala Honoré

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