Un panier de crabes

La concertation nationale pour la Refondation de la République de Madagascar a réuni de nombreuses personnes. Mais globalement, on peut distinguer 3 types de catégories de personnes. Leur participation respective à la concertation avait des motivations différentes, voire contradictoires.
Tout d’abord, il y a ceux qui sont actuellement au pouvoir. D’ail­leurs, ils étaient là en tant qu’organisateur de l’évènement. Pour eux, le principal objectif était de légitimer leur accession au pouvoir aujourd’hui. La raison est qu’ils y sont parvenus dans des circonstances plus ou moins critiquables.
Quoi qu’il en soit, ils sont sur place pour l’instant et espèrent y rester pour 2 années, tout au moins. Une Charte de la Transition devrait le con­firmer. A priori, on ignore encore si cette première catégorie a les dents aussi longues comparées à celles de leurs prédécesseurs. L’avenir nous le dira.
Quant à la seconde catégorie, il s’agit de ceux qui ont été au pouvoir et qui viennent d’être déchus de leur trône. En fin de compte, leur participation se résume à la re­cher­che d’un hypothétique retour au pouvoir. Ils se plaignent d’une présumée revanche politique des nouveaux dirigeants.
Pour ces derniers, ce sont eux qui ont mené le pays à la ruine après mis à sac toutes les richesses du pays. Ce qui expliquerait les charges et poursuites lancées contre eux. La preuve, il suffit de regarder les biens immobiliers qu’ils se sont faits construire ou acquis : de véritables palaces, châteaux
Effectivement, il faut reconnaître que les émoluments et autres avanta­ges dont ils bénéficiaient quand ils étaient au pouvoir, aussi énormes soient- ils, n’auraient jamais permis de construire ou d’acquérir de tels immobiliers. Autrement dit, il y aurait anguille sous roche.
De toutes les façons, on peut se targuer d’avoir l’Agence de recouvrement des avoirs illicites (Arai) ainsi que les autres agences chargés de voir de près tous les cas d’enrichissement sans cause qui sauront certainement faire la distinction entre le bon grain et l’ivraie. Elles au­ront fort à faire d’ici peu.
Dans la troisième catégorie de participants, on retrouve tous ceux qui ont toujours gravité autour du pouvoir lors des différents régimes qui se sont succédé. Il existe toute une bande d’opportunistes qui n’attendent que la première occasion pour se faire caser.
Cette dernière catégorie représente toujours un danger réel pour le pouvoir en place. Ils ne sont là que pour satisfaire leur ego démesuré et sont animés de grands appétits à l’égal de cet égo. C’est une boulimie qui ne demande qu’à être satisfaite.
Quid de la place du peuple dans cette comédie, non pas divine mais humaine ? Apparemment, il devra attendre les séances qui seront organisées au plus bas niveau, à savoir les fokontany, pour apporter de sa voix. Il est peut-être mieux ainsi, car ce lancement officiel de la concertation nationale res­semblait à s’y méprendre à un panier de crabes.

Ranaivo Lala Honoré

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