Levée d’immunité parlementaire, des députés menacés de déchéance…l’Assemblée nationale sort de sa léthargie, après que le pouvoir ait changé de main. La roue tourne vraiment. Et ce n’est pas la première fois que des voix se lèvent pour réclamer la levée d’immunité parlementaire des élus dans le collimateur de la Haute cour de justice. C’était le cas à maintes reprises, pour la Société civile, afin de garantir la légalité devant la loi et de lutter contre l’impunité.
Sur le principe, l’immunité parlementaire est une garantie démocratique fondamentale de la Chambre basse, de l’indépendance et de liberté d’expression des élus dans l’exercice de leur mandat. Mais à Madagascar, ce mécanisme s’érige comme en bouclier, à tel point que l’immunité rime avec impunité.
Récemment, l’Assemblée nationale a levé l’immunité de la députée Marie Michelle Sahondrarimalala dans le cadre d’une enquête qui ne dit pas son nom. Les réactions contestataires de la part de l’Irmar qui joue le rôle du contre-pouvoir et de l’opposition au sein de l’Hémicycle, ne sont pas attendues, en pointant du doigt la procédure de poursuite engagée.
Selon leurs dires, ils ont été mis à l’écart durant la prise décision y afférente contrairement à la loi. De plus, d’autres élus sont également cités dans affaires louches, mais sont l’abri de poursuites, jusqu’à preuve du contraire. L’Irmar dénonce une persécution politique perpétuée à l’encontre de ses membres. On a comme une impression que certains devraient rendre des comptes pendant que d’autres sont libres comme l’air.
La procédure de déchéance évoquée par le président de l’Assemblée nationale, visant cinq députés de l’Irmar, a également suscité de nombreuses controverses. Le motif évoqué est que l’absence de ces élus durant la dernière session ordinaire n’a pas été justifiée. A ce sujet, le texte est clair et sans ambiguïté, l’absence prolongée et non justifiée suffit à caractériser une volonté claire de démissionner. Mais chacun sait que d’autres élus font l’école buissonnière à chaque session sans qu’ils ne soient menacés de déchéance.
Pourquoi alors ces cinq-là ? Hasard du calendrier ou nécessité politique ? Prendre des décisions radicales à l’encontre des adversaires est une bonne chose. Les appliquer de manière sélective en est une autre. « Vae victis » ou malheur aux vaincus.
Rakoto




