« Izaho tokana » – Enrôlement biométrique: une nouveauté dans l’administration

Plus d’une décennie après la demande de la communauté internationale et des acteurs politiques, relative à la digitalisation de la liste électorale et la mise en place de la carte d’identité biométrique, l’enrôlement biométrique national dans le cadre du projet « Izaho tokana », processus, a été officiellement lancé lundi 27 au palais d’Iavoloha.
Dans un souci de transparence et afin de renforcer la confiance de la population, le président de la République, les hauts con­seillers, le Premier ministre ainsi que les membres du gouvernement ont été les premiers à se soumettre à la procédure d’enrôlement.
Le chef de l’Etat, Michaël Randrianirina, présente ce programme comme moyen de réforme structurante visant à moderniser l’administration publique, de lutter contre la fraude, garantissant une meilleure reconnaissance des droits des citoyens.
Il a souligné que l’enregistrement biométrique dépasse le cadre d’un simple projet technique. Il s’agit, selon lui, d’un choix politique majeur destiné à organiser durablement la gestion du pays et à restaurer la dignité de nombreux Malgaches encore exclus du sys­tème administratif.

Un déficit d’état civil aux lourdes conséquences
A Madagascar, une partie significative de la population ne dispose pas de documents d’état civil tels qu’une carte nationale d’identité, un acte de naissance ou un livret de famille. Cette situation concerne particulièrement les zones rurales, enclavées ou difficiles d’accès. Elle entraîne de nombreuses difficultés dans la vie quotidienne, notamment pour la scolarisation des enfants, l’accès aux soins dans les établissements publics, l’obtention d’aides sociales ou le règlement de procédures judiciaires.

Un outil pour assainir le processus électoral
Le projet est également présenté comme un levier essentiel pour la préparation des prochaines élections nationales prévues dans deux ans. Les autorités estiment que le numéro unique d’identité permettra de mettre fin aux irrégularités observées lors de précédents scrutins, notamment les doublons sur les listes électorales ou la présence de mineurs et de personnes décédées parmi les électeurs. Avec des données comme les empreintes faciales et digitales ainsi que l’iris, il est effectivement impossible de confondre deux individus..

La diaspora également concernée
Le gouvernement a par ailleurs réaffirmé son engagement envers la diaspora malgache, notamment en Afrique du Sud et au Moyen-Orient. L’enregistrement biométrique et la numérisation des données sont présentés comme des conditions indispen­sables pour permettre aux Malgaches de
l’étranger de participer aux prochaines échéances électorales, une revendication ancienne des communautés expatriées.

Tivo Rasam

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