Dans l’une de ses chansons, le rappeur Stomy Bugsy s’adressant à son fils, disait que la vie ce n’est pas un film. Ça ne dure pas une heure et demie, deux heures, et puis on rembobine. Mais quand la politique refait son cinéma sur un air de bis repetita et de déjà vu, presque avec les mêmes protagonistes et le même scénario fidèle au film original sorti en 2009, l’un des plus décevants en la matière, on s’attend ainsi à un remake.
Et la présence de la Sadc à Madagascar menant une série des consultations auprès des acteurs prenants n’a rien d’un effet d’annonce. Quelque chose se trame. On a l’impression que c’est reparti pour un tour, comme en 2009.
Les émissaires étrangers se succèdent dans le pays pour tenter de résoudre l’énième crise politique. Des visages bien connus, discours presque identiques, méthodes familières. Même décor, mêmes acteurs secondaires, même scénario global, seule l’époque change. Reste à savoir si ce remake aurait la même fin. Pour le moment, les consultations, les pourparlers, le dialogue national, les assises ici et là, battent leur plein.
Entre temps, comme il fallait s’y attendre, des groupuscules et des plateformes politiques surgissent de nulle part, en se faisant entendre. Et l’opinion voit claire dans leur jeu. Ils n’ont qu’une idée en tête, siéger au sein des institutions de la Transition que ces politiques voulaient dissoudre, pour aboutir à une répartition des sièges. Comme c’était déjà le cas en 2009.
Où allons-nous ? Difficile de répondre dans l’immédiat à cette question. Même au sommet de l’État, on hésite encore sur le choix des thèmes pour décrire la situation actuelle, s’il s’agit d’intérimaire ou de transitionnelle suscitant un vif débat pendant que le pays continue d’avancer à tâtons.
Une chose est cependant claire, cela fait déjà longtemps que Madagascar se trouve maintenant en dehors du cadre constitutionnel. On jongle avec les interprétations juridiques, on organise des réunions… mais la réalité quotidienne de la population, elle reste la même.
Ce qui est déplorable dans tout cela, on n’a pas tiré les leçons des erreurs passées. Dix-sept années se sont écoulées, après 2009, mais aller-voir, politiquement parlant, c’est du pareil au même.
Pendant ce temps, le monde a changé et entre dans une nouvelle ère. L’intelligence artificielle, transition énergétique, souveraineté numérique, nouvelles routes commerciales…nombreux pays voient loin. Alors que Madagascar semble coincé dans une spirale politique en mal de transitio.
L’histoire se répète, dit-on. Soit. Mais à force de repasser le même disque, on finit par user le vinyle. Et c’est très inquiétant pour l’avenir des générations futures.
Rakoto




