Série sans fin !

Enième saison et c’est toujours la mê­me viei­lle rengaine qui revient, le même scénario qui se repro­duit, n’ayant pas de fin. Entre les marchands de rue d’Analakely et la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA), la tension est montée d’un cran, après la trêve des fêtes de fin d’année. Pas plus tard que cette semaine, Analakely et Tsaralalàna ont été le théâtre d’une confrontation entre les deux protagonistes.
En fait, mécontents de la décision de la CUA, concernant leur transfert dans un autre lieu, les marchands de rue ont manifesté devant le portail de la CUA tout en bloquant la circulation. Une contestation révélatrice d’un problème plus profond qui ne date pas d’hier.
Il est vrai que la précarité des marchands ambulants, est une réalité. Beaucoup vivent au jour le jour, nourrissent leurs familles grâce à quelques ventes quotidiennes. Pour eux, être transférés dans d’autres lieux loin de la rue de la voie publique et du centre-ville, à fort trafic, avec un flux constatant de clients potentiels, c’est nuire à leur commerce. Plus les clients sont rares, plus les ventes sont moroses, selon eux.
Il est aussi vrai que la CUA devrait être à l’écoute de leurs ententes et leur détresse, tout en restant droit dans ses bottes. Car transformer les trottoirs et chaussées en marchés permanents, ne donne pas une bonne image de la ville des Mille et porte atteint à la crédibilité de la CUA.
Depuis des années, la Commune propose des emplacements aux marchands de rue, identifie de nouveaux sites et construit de nouveaux marchés, mais les marchands de rue campent sur leur position, au sens propre comme au figuré, à tel point qu’ils continuent indéfiniment de jouer au chat et à la souris avec la CUA.
Et pendant ce temps, les trottoirs sont pris d’assaut, les embouteillages font partie intégrante du quotidien, l’insécurité galopante et les piétons ne savent plus où mettre les pieds. Il est plus que temps d’en finir avec ce feuilleton aux mêmes déroulements : évacuations le matin, des manifestations à midi et on remet tout cela le lendemain.

Rakoto

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