Les avis sur la constitutionnalité du régime fusent, à l’occasion du passage dans le pays de la délégation de la Sadc. Pourtant, le débat est clos, du moins selon les autorités de la Refondation. Le pouvoir en place affiche une ligne de conduite inflexible : la légitimité ne se discute pas, elle se constate. Cette position semble se refléter dans la manière dont le pouvoir entend conduire le processus de refondation.
Pour justifier sa position, le chef de l’Etat, le colonel Michael Randrianirina, rappelle la décision irrévocable de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) du 14 octobre 2025, constatant la vacance de la présidence et en l’invitant à assurer la continuité de l’Etat.
Cette lecture juridique stricte semble dicter la vision de l’Exécutif concernant la démarche dans la refondation du pays. Vu les déclarations de la ministre d’Etat Hanitra Razafimanantsoa face aux émissaires de la Sadc, l’Etat veut en effet assumer seul la responsabilité politique de l’organisation et de la mise en œuvre du processus de refondation. Pour elle, l’heure n’est plus aux « partages de sièges » ni aux accords politiques entre formations partisanes. « Il s’agit d’une réconciliation entre les dirigeants et les citoyens ». En d’autres termes, le prochain remaniement n’accouchera pas d’un gouvernement d’union nationale, mais d’une équipe de technocrates associés aux partisans du régime.
La ligne de conduite de l’Exécutif provoque une certaine crispation au sein de la classe politique alors que certains partis veulent soumettre des propositions concrètes en amont des concertations. C’est le cas du « Sehatra ifanakalozana hanatsara ny fanaovana politika » (SIAP) conduit par sa secrétaire exécutive Annick Ratsiraka. Le Conseil œcuménique des Eglises chrétiennes (FFKM) tente tant bien que mal de jouer les médiateurs entre le comité de pilotage et les états-majors politiques.
Le principal point de crispation reste l’absence d’un document officiel détaillant les objectifs, les modalités de mise en œuvre et le budget alloué au processus de refondation. Cette lacune nourrit les critiques, notamment de la part de l’ancien président Marc Ravalomanana. De son côté, la Sadc réclame ouvertement l’élaboration d’une feuille de route.
Tivo Rasam




