Chaque année, la même histoire

Chaque année, Madagascar vit au rythme des cyclones. Et chaque année, c’est la même scène de désolation. Le récent pas­sage du cyclone Fytia n’a pas dérogé à la règle, laissant derrière lui ce cortège familier de dégâts humains et matériels.

A Vatomandry, plus de cinq cents personnes se retrouvent brusquement sinistrées avec des cases détruites, des routes coupées et des vies bouleversées. De Boeny à Sofia, en passant par Melaky, Betsiboka et Analamanga, Fytia a traversé le pays comme une mauvaise rengaine que l’on connaît trop bien, mais qui nous frappe toujours de plein fouet. Au total, plus de 28.000 personnes touchées, 8.484 déplacées, des milliers d’habitations inondées, détruites ou fissurées. Et comme chaque année, les scènes diffèrent, mais la douleur, elle, reste identique.

Pourtant, ce qui se répète aussi, c’est l’élan de solidarité avec les responsables étatiques mais également les bienfaiteurs. Et pourtant, car il y a toujours un hic malgré cette prévisibilité, malgré les technologies qui progressent, malgré les alertes répétées, nous restons vulnérables. Année après année, les mêmes scènes de détresse, les mêmes routes transformées en rivières, les mêmes quartiers submergés.

Pourquoi ? Manque d’anticipation ? De prévention ? D’infras­tructures adaptées ? Ou tout simplement une géographie implacable qui nous rappelle que nous vivons sur une île à la fois belle et fragile ? Peut-être un mélange de tout cela.

Ce qui est certain, c’est qu’il faudra, un jour, briser ce cycle qui a causé trop de dégâts. Parce que si les cyclones reviennent chaque saison, la détresse humaine ne devrait pas être une fata­lité annuelle. En attendant, comme toujours, le pays panse ses plaies, répare, reconstruit, relève la tête. Et espère que la prochaine saison cyclonique sera plus clémente…

Rakoto

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