Fraudes et irrégularités: une perte annuelle de 300 milliards d’ariary pour la Jirama

La Jirama fait face à une perte annuelle estimée à 300 milliards d’ariary. Ce chiffre, issu d’un rapport de la Banque mondiale, illustre l’ampleur des fraudes et irrégularités qui fragilisent le secteur de l’électricité à Madagascar. Ces pertes dites « non techniques » résultent principalement des vols, des branchements illicites et du non-respect des obligations contractuelles.
Selon la Compagnie d’eau et d’électricité, cette situation pèse lourdement sur la qualité du service. « Ces irrégularités provoquent des surcharges sur les réseaux et expliquent en grande partie les coupures fréquentes », affirme-t-elle. Les transformateurs supportent des charges non prévues, ce qui entraîne des pannes, voire des explosions d’équipements.
Pour faire face à cette hémorragie financière, la Jirama a lancé une opération de « ratissage ». Cette campagne vise à rétablir l’équité entre les usagers. « Toute consommation d’électricité doit être payée conformément au contrat », rappelle la société. Elle précise que le dispositif ne concerne plus uniquement les fraudes, mais aussi les compteurs défectueux lorsque les clients continuent à consommer sans signaler l’anomalie.
Responsabilité des abonnés

« Les usagers doivent déclarer immédiatement toute anomalie constatée sur leur compteur », souligne-t-elle. Ceux qui respectent cette obligation bénéficient d’un traitement plus souple. En revanche, « les clients qui continuent à consommer sans rien signaler s’exposent à des rappels de consommation, voire à des poursuites ».
Pour apaiser les tensions, la Jirama limite toutefois ces rappels à 12 mois. « Cette mesure reste inférieure aux années de consommation irrégulière constatée dans certains cas », explique-t-elle. Face aux critiques, la société se défend de toute volonté punitive. « Il ne s’agit ni de sanctionner ni de racketter, mais d’assainir le système et de garantir un service durable », affirme-t-elle. Elle rappelle que cette opération est indispensable pour réduire les pertes colossales et améliorer la distribution d’électricité.
Avec 300 milliards d’ariary envolés chaque année, l’enjeu dépasse la simple facturation. Il s’agit désormais d’assurer la viabilité du réseau électrique et de rétablir une justice entre consommateurs.

Arh.

Partager sur: