Portrait: Dans les pas de Daniella Raolison, guide freelance

Choisir le statut de freelance dans le tourisme. C’est le pari que Daniella Raolison, guide freelance, s’est fixé depuis 2023. Nous l’avons rencontrée à la 11ème édition du “Tsenaben’ny fizahantany” à Antaninarenina, le 12 mars. Portrait.

Comment êtes-vous devenue guide freelance ?
J’ai fait des études de tourisme à l’université, à l’Infotour. J’ai obtenu ma licence après plus de quatre ans à la fac, c’était surtout à cause de la période du Covid. J’ai ensuite suivi une formation en guidage régional à l’Office régional du tourisme d’Analamanga (Ortana). J’ai rejoint plusieurs associations entre temps. Aujourd’hui, je suis guide freelance mais je cherche encore une spécialisation.

C’est quoi être guide freelance ?
Être guide freelance, c’est être une guide accompagnatrice indépendante. Je peux travailler avec plusieurs agences. Je ne dépends pas d’une seule agence, contrairement à d’autres. Je cherche aussi mes propres clients. Les agences font appel à nous surtout pendant la haute saison.

Êtes-vous devenue freelance directement après vos études ?
Oui, mais je devais d’abord intégrer l’Ortana pour me choisir une spécialité. Je suis guide régionale et nationale. Vous savez, les guides sont classés en quatre niveaux : les guides locaux qui sont spécialisés sur une zone précise, les guides régionaux qui travaillent au niveau des régions, et les guides nationaux qui exercent dans tout Madagascar. Il y a aussi les tours leaders, qui sont tournés vers l’international. Pour monter en niveau, il faut acquérir d’autres compétences. Mon objectif est de devenir tour leader et de maîtriser davantage de langues étrangères.

Pourquoi avoir choisi ce métier de guide en freelance ?
En freelance, tous les bénéfices vous reviennent. Si vous êtes affilié à une quelconque agence, elle prend forcément une commission. Mais travailler en freelance demande beaucoup d’efforts au début. Il faut avoir un bon réseau. C’est ce qui permet de trouver des clients.

Justement, comment avez-vous trouvé vos premiers clients ?
Je rencontrais mes premiers clients à Antaninarenina, à l’Ortana. Je trainais beaucoup à l’office à l’époque. Je croisais bon nombre de touristes là-bas. Je leur présentais mes services et mes atouts, à chaque fois. Une famille de touriste avait, un jour, accepté de voyager avec moi. Cette même famille m’a recommandée à d’autres membres de sa famille, puis à d’autres amis de la famille. De bouche à oreille, j’ai pu constituer un petit réseau. J’ai aussi fait de la prospection dans des hôtels.

Racontez-nous votre premier voyage.
J’ai vraiment fait une grosse erreur au début. J’ai fixé mes tarifs bien en dessous de mes charges. J’avais prévu, par exemple, 150.000 ariary pour la location de voiture, alors que le vrai prix était de 200.000 ariary, une fois l’agence de location identifiée. Pire, la voiture, que j’ai louée, est tombée en panne en route. C’était sur la RN1. Nous partions pour Ampefy. J’ai dû payer les réparations de ma poche. J’étais novice et je ne savais pas vers qui me tourner. Avec le temps, des guides expérimentés m’ont appris à mieux choisir mes partenaires, comme les bonnes agences ou les bonnes adresses pour les locations de voitures.
Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?
J’aime voyager depuis que je suis petite. J’ai toujours cherché un métier lié à cette passion, en grandissant. J’avais pensé devenir hôtesse de l’air, à un moment, mais ce métier ne me correspondait pas. Le tourisme était, finalement, le meilleur choix pour moi. Aujourd’hui, je voyage beaucoup, par avion, par bateau et par la route. J’aime ce que je fais.

Qu’aimez-vous le plus dans ce métier à Madagascar ?
Madagascar est très riche en biodiversité et en espèces endémiques. Être née ici et connaître le tourisme de mon pays me procure un grand sentiment de fierté.
Quels sont les défis de votre métier ?
L’état des routes est un vrai problème, surtout pour les déplacements terrestres. Le trajet entre Antananarivo et Antsirabe, par exemple, prenait 4 heures avant, contre 8 heures aujourd’hui. Il y a aussi la déforestation dans certains parcs, souvent due au chômage des populations locales.

Est-ce un métier rentable ?
On gagne bien sa vie pendant la haute saison. Mais pendant la basse saison, les clients sont rares et c’est compliqué. C’est pour cela qu’il est important, pour un guide, d’avoir une autre activité pour compléter ses revenus pendant cette période.

Propos recueillis par
Fenitra Rarivoson

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