Deux semaines après les perturbations qui ont affecté l’approvisionnement en supercarburant (SP 95), la situation reste encore instable à Madagascar. Même si les stations-service ne sont plus pris d’assaut par les automobilistes, le retour à la normale n’est pas encore complet, alors que l’ajustement automatique des prix à la pompe, va être appliqué pour le mois d’avril.
Plusieurs usagers signalent encore des ruptures ponctuelles. Un gérant de station-service confie que «les livraisons ont repris, mais elles restent irrégulières. L’approvisionnement ne revient pas encore à son rythme normal». Même constat du côté des automobilistes. «On trouve de l’essence, mais pas partout et pas toujours. Il faut encore chercher», explique un chauffeur de taxi.
Cette tension intervient dans un contexte de réforme du système de tarification. Depuis janvier 2025, les autorités appliquent un mécanisme d’ajustement automatique des prix à la pompe. Les tarifs sont désormais révisés chaque mois, entre le 1er et le 5.
Tendance haussière
Et à la veille d’une nouvelle révision, les opérateurs anticipent déjà une hausse. Un responsable du secteur pétrolier indique que «les paramètres internationaux restent défavorables. Les coûts d’importation ont augmenté, ce qui exerce une pression sur les prix à la pompe».
Ce mois de mars, le supercarburant (SP 95) coûte 4.900 ariary/litre, le gasoil 4.660 ariary/litre et le pétrole lampant 3.510 ariary/litre. Malgré une baisse récente de 200 ariary, ces prix restent sensibles aux fluctuations internationales et au taux de change.
Selon l’analyse d’un économiste, «le mécanisme automatique apporte de la transparence, mais il expose davantage les consommateurs aux variations du marché».
Le marché du pétrole brut a connu une forte instabilité ces deux derniers mois, marquée par une hausse rapide des prix. Début février, le baril évoluait autour de 60 à 70 dollars, avant d’atteindre 75 à 85 dollars début mars. À partir de la mi-mars, les cours ont fortement progressé pour dépasser les 100 dollars, culminant entre 110 et 120 dollars fin mars.
Malgré une amélioration partielle de l’approvisionnement, les incertitudes persistent. Entre tensions logistiques et hausse attendue des prix, le marché des carburants reste sous surveillance. Les prochains jours seront décisifs pour évaluer la capacité du pays à stabiliser durablement l’offre.
Arh.




