La Jirama dresse un état des lieux préoccupant de ses réseaux, alors que les coupures d’électricité
et les pénuries d’eau s’intensifient à Antananarivo. « Nous disposons d’un excédent d’environ
20 MW », précise-t-elle. Le problème réside plutôt dans la distribution, fragilisée par des infrastructures vieillissantes et saturées.
Certains transformateurs fonctionnent à 150 % de leur capacité, tandis que 70 % des poteaux sont endommagés. Les lignes de transport, dont certaines s’entendent sur près de 200 km, sont également surchargées.
«Le réseau actuel ne supporte plus la demande croissante», reconnaît le directeur général par intérim de la Jirama, Gal Hajatiana Rasolomanana, en marge de la rencontre avec les Chefs fokontany du IIIe arrondissement, hier.
Pour y remédier, la Jirama annonce l’arrivée prochaine de 50 nouveaux transformateurs avec le financement de la Banque mondiale, la relance de la production de poteaux en béton et la création de nouvelles lignes. Malgré ces efforts, «la situation reste vulnérable aux intempéries et aux actes de vandalisme».
Les perturbations sont également aggravées par des facteurs externes. «Les fortes pluies, les vents violents ou encore les chutes d’arbres provoquent régulièrement des incidents», souligne l’entreprise. Enfin, les actes de sabotage et les vols de câbles compliquent davantage la situation.
Gap de 100.000 m³ en eau
Sur le plan de l’eau, le constat est tout aussi alarmant. Antananarivo fait face à un déficit quotidien de
100 000 m³. «Aucun investissement majeur n’a été réalisé depuis 20 ou 30 ans», déplore la société. À cela s’ajoute un gaspillage estimé à 45 %, causé par les fuites et les branchements illicites.
Pour répondre à l’urgence, des camions-citernes sont déployés et un système de tour d’eau est instauré. «Nous procédons aussi au remplacement gratuit des compteurs vétustes», précise le DG de la Jirama. À long terme, la modernisation de Mandroseza est envisagée dans le cadre du Projet
d’amélioration de l’accès à l’eau potable de Madagascar (PAAEP).
Parallèlement, la Jirama renforce sa communication avec les fokontany, afin de lutter contre les fraudes. «Toute intervention à domicile est gratuite et doit être effectuée par un agent identifié», rappelle-t-elle, appelant les usagers à la vigilance.
De son côté, le nouveau ministre de l’Énergie, Radonirina Lucas Rabearimanga, appelle à anticiper la période d’étiage. «Il faut prévenir plutôt que subir», insiste-t-il. Il exige une mobilisation rapide pour sécuriser l’approvisionnement, alors que la production hydroélectrique pourrait chuter de
70 %.
«Sans anticipation, la stabilité actuelle du réseau reste fragile», avertit-il.
Arh.




