A chaque publication d’un nouveau rapport sur la corruption, on s’interroge toujours sur l’efficacité des mesures adoptées et des lois en vigueur, tellement le fléau, difficile à éradiquer, prend de l’ampleur. Le dernier bilan du Bianco, présenté le 27 mars, n’échappe pas à ce constat, malgré des avancées notables, mesurables et parfois inédites.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Des centaines de cas détectés, des milliards d’ariary de préjudices identifiés, des saisies conséquentes. Certes, ces données traduisent aussi l’ampleur du problème. Mais elles témoignent d’une capacité accrue à détecter, enquêter et agir. Une corruption invisible est toujours plus dangereuse qu’une corruption exposée.
Outre l’application stricte des mesures répressives de la répression, la montée en puissance des actions de prévention, marque aussi un tournant discret, mais significatif, dans la lutte contre la corruption. Formation de milliers d’agents publics, sensibilisation des jeunes à travers les Réseaux d’Honnêteté et d’Intégrité, cartographie des risques dans les collectivités territoriales, autant d’initiatives qui traduisent une volonté de s’attaquer aux racines du mal.
Un autre point positif, l’adhésion progressive des acteurs publics, suite à une forte mobilisation par rapport à l’année précédente n’est pas anodine. La lutte anticorruption ne repose plus uniquement sur une institution, mais une responsabilité partagée. De même, la formation de centaines d’élus locaux constitue un pas important vers une meilleure gouvernance à la base.
Mais tout n’est pas rose pour autant. Les secteurs les plus exposés restent les mêmes, et bon nombre des hauts-employés de l’Etat, n’ont déclaré leur patrimoine. C’est un exemple concret de manque de transparence.
Beaucoup a été fait et beaucoup reste à faire. Minimiser les avancées, c’est décourager les efforts. La lutte contre la corruption ne se gagne ni en un an, ni en un seul rapport. Et seul, celui qui ne lutte pas en faisant bouger les lignes.
Tivo Rasam




