Le gouvernement a adopté un décret proclamant l’état d’urgence énergétique sur l’ensemble du territoire national pour une durée de 15 jours. Cette décision a été prise en Conseil des ministres spécial ce mardi 7 avril, face à une crise énergétique qui s’aggrave.
Dans son communiqué publié hier, le Conseil des ministres souligne que « nous vivons une crise profonde en raison des perturbations de l’approvisionnement en énergie dans toute l’île ». Cette situation pèse directement sur le quotidien des citoyens.
Cette décision intervient dans un contexte international tendu, marqué par le conflit au Moyen-Orient. Les perturbations qui en découlent affectent fortement l’approvisionnement en carburant dans certaines localités du pays, ralentissant les importations et perturbant l’économie ainsi que les services publics.
L’objectif de cette mesure est de permettre une réaction rapide et coordonnée. Le gouvernement précise que « cette déclaration de situation d’exception devrait permettre de prendre des mesures exceptionnelles et urgentes pour rétablir l’approvisionnement en énergie et garantir la continuité du service public ». Il souligne également la nécessité de « mobiliser des moyens exceptionnels pour faire face aux problèmes d’approvisionnement ».
Rétablir la situation
Concrètement, l’état d’urgence dote l’État des leviers renforcés pour sécuriser les stocks de carburant et assurer le maintien des services essentiels. Tous les moyens disponibles seront mobilisés afin de préserver la stabilité économique et sociale du pays durant cette période critique.
Le décret a été validé par la Haute Cour Constitutionnelle et la Cour suprême, conformément aux dispositions légales. Il s’appuie notamment sur l’article 61 de la Constitution, qui autorise la proclamation d’une situation d’exception lorsque les institutions ou la nation sont menacées. A cela s’ajoute l’article 18 de la loi n° 91-011 du 18 juillet 1991 à Madagascar qui stipule que les autorités administratives compétentes (généralement le Président de la République) peuvent, en état d’urgence ou de siège, prendre des mesures pour contrôler la circulation des personnes et des véhicules, assurer la sécurité des lieux, et organiser le ravitaillement, quitte à restreindre certaines libertés publiques.
Ce cadre juridique permet au Président de la République d’exercer des pouvoirs spéciaux, y compris celui de légiférer par ordonnance. Par ailleurs, la loi prévoit que certaines libertés publiques peuvent être temporairement restreintes, notamment en matière de circulation ou de ravitaillement.
Dans un contexte incertain, les autorités misent sur ces mesures pour contenir la crise et rétablir progressivement la situation énergétique du pays.
Arh.




