Rassurer un tant soit peu la population.

Le Mpox est aujourd’hui la maladie contagieuse qui focalise l’attention et les actions des autorités sanitaires aussi bien nationales qu’internationales. Seulement, après un mois de campagne, les résultats obtenus sont bien faibles malgré la disponibilité des doses en quantité suffisante et les efforts déployés.
Effectivement, Madagascar dispose actuellement d’un stock de vaccins contre le Mpox pouvant couvrir jusqu’à 140.000 personnes. Or, après un mois de campagne de vaccination, 10.000 doses seulement ont été administrées. Ainsi, sur environ 3.500 personnes de cas contacts identifiées, moins d’une centaine seulement ont été vaccinées. Ce qui est bien faible, il faut le reconnaître.
Bien évidemment, cette situation a alarmé le représentant résident de l’OMS à Madagascar qui a souligné que cela peut constituer un frein à la protection de la population et même peser sur l’approvisionnement futur en vaccins (importation déjà engagée). Ce qui serait grave si jamais cette maladie se transformait en véritable épidémie. Ce qui n’est pas à écarter.
Toutefois, ce faible engouement à la vaccination contre le Mpox doit avoir une explication. Et si les résultats de vaccination suscitent des inquiétudes pour les autorités sanitaires, ces inquiétudes ne sont pas moindres pour la population. Mais ces inquiétudes sont toutes autres. Sans aucun doute, elles témoignent de la méfiance de la population à l’encontre des nouveaux vaccins.
Le Mpox est une nouvelle maladie à Madagascar. Et de ce fait, le vaccin qui est utilisé est également nouveau dans le pays. Or, la population est encore traumatisée par les révélations faites sur les vaccins qui ont été utilisés pour lutter contre le Covid. Entre autres, les premières révélations sur les effets secondaires du vaccin Pfizer sont connues de la population. Les informations circulent.
Or, on sait bien que tout n’a pas été dit sur ces effets. Il peut bien y en avoir encore d’autres. Pour cette raison, comme il s’agit d’un nouveau vaccin sur la place, la population ne veut plus devenir (à tort ou à raison) de simples cobayes. D’autant plus que la campagne a été réalisée sur des bases exclusives : Les groupes jugés les plus vulnérables ont été ciblés en particulier.
Tout compte fait, pour que le vaccin soit accepté par la population, il faut prouver non seulement que le vaccin est efficace, mais qu’en plus, il ne produit pas d’effets secondaires pouvant être nocifs pour la santé. C’est dans ces conditions seulement qu’on peut espérer obtenir une adhésion massive à la vaccination contre le Mpox. Et pour cela, une vaste et profonde campagne de sensibilisation est requise pour rassurer, un tant soit peu, la population.

Ranaivo Lala Honoré

Partager sur: