Stations-service: des achats de panique, des rationnements à la pompe

L’inquiétude quant à la pénurie de carburant, monte alors que « les stocks de carburant sont globalement suffisants sur l’ensemble du territoire malgache. Toutefois, le rythme de distribution n’arrive pas à répondre à la demande », a expliqué hier, le directeur général de l’Office malgache des hydrocarbures (OMH), Cydolain Raveloson.

Au lendemain de la déclaration de l’état d’urgence énergéti­que à Madagascar, les stations-service ont été prises d’assaut aussi bien à Anta­na­narivo que dans d’autres localités, notamment Nosy Be. Auto­mobilistes et mo­tards qui craignent à la fois une éventuelle flambée des prix et une pénurie de carburants, se sont rués dans les stations pour faire le plein et constituer des réserves. Et cette situation est propice aux spéculations qui vont bon train sur le marché noir. L’on a signalé par exemple que le supercarburant se vend à 12.000 ar le litre à Andilamena contre 4.900 ar/l à Antananarivo et ses environs.
Du coup, cet afflux inhabituel a contraint certaines stations-services à instaurer un rationnement. Chaque véhicule ne peut désormais acheter qu’une quantité limitée de carburant. L’enjeu étant notamment de garantir une répartition équitable pour les usagers et éviter une rupture brutale des stocks.

Pas de pénurie

Dans la foulée, les autorités appellent au calme et mettent en garde contre le stockage excessif. Une telle pratique pourrait aggraver les tensions sur la distri­bution. Malgré la situation, elles se veulent rassurantes. Le ministre de l’Énergie et des Hydrocarbures, Radonirina Lucas Rabeari­manga, a déclaré lors de la rencontre avec la délégation du Fonds monétaire international (FMI) hier qu’aucune pénurie n’est à prévoir dans les prochains jours.
« Un renfort logistique est déjà programmé. Le navire Advantage Passion est attendu le 13 avril à Toamasina, ainsi qu’une nouvelle livraison prévue au début du mois de mai. Nous anticipons immédiatement », a-t-il indiqué.
A Ampandrianomby en fin d’après-midi, le DG de l’OMH rappelle en outre que les livraisons depuis les dépôts vers les stations se poursuivent quotidiennement. «Chaque jour, des livraisons sont assurées vers les stations-service», insiste Cydolain Raveloson. Selon ses explications, les longues files observées depuis ce matin s’expliquent par un ralentissement logistique, accentué par une forte hausse de la demande. «Les files d’attente font augmenter la consommation et compliquent davantage la distribution», précise-t-il.

Mesures exceptionnelles

Concernant les réserves, l’OMH se montre confiant. «Les stocks de gasoil sont suffisants. Pour l’essence, des mesures spécifiques ont été prises afin de gérer les volumes jusqu’à l’arrivée du prochain bateau», explique le directeur général. Il résume la situation : « Il y a du carburant. Le défi reste la distribution, que nous cherchons à améliorer ». Le prochain navire attendu le 13 avril devrait transporter environ 65.000 m3 de carburant, dont 19.000 m3 de supercarburant et environ 50.000 m3 de gasoil.
Le contexte international n’est pas sans effet. Les tensions au Moyen-Orient ont perturbé le marché mondial, même si une amélioration progressive est constatée. Néanmoins, Madagascar dispose en moyenne d’un stock de sécurité de 21 jours. Toutefois, cette réserve varie selon les stations, ce qui explique les disparités observées sur le terrain.
Dans ce contexte, plusieurs mesures exceptionnelles pourraient être activées : gel des prix à la pompe, réquisitions ou encore procédures accélérées pour les marchés publics. Un spécialiste du secteur souligne que ces dispositifs resteront « strictement nécessaires et proportionnés aux circonstances exceptionnelles ».
Les autorités assurent poursuivre leurs efforts pour éviter une crise plus profonde, en renforçant la coordination et le suivi des stocks à l’échelle nationale. Pour la Jirama en particulier, la conjoncture actuelle n’a pas encore d’impact sur la production d’électricité, comme l’a assuré le directeur général de la société, le Gal Hajatiana Rasolomanana.

Arh.

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