CEO Summit Indian Ocean 2026: le pari d’une coopération régionale renforcée

La deuxième édition du CEO Summit Indian Ocean se tient hier et ce jour au Novotel Antananarivo, confirmant son ambition de devenir un rendez-vous économique majeur dans la région de l’océan Indien. Pendant deux jours, plus de 650 participants et 250 organisations, décideurs publics, chefs d’entreprise et investisseurs venus de 23 pays échangent autour d’un objectif commun : stimuler les partenariats et accélérer la transformation économique.

Placée sous le thème « Nouveaux paradigmes, nouveaux horizons », cette édition met l’accent sur la réflexion autour de nouveaux modèles de développement. Dès l’ouverture, les intervenants ont estimé urgent de passer des discours aux actions concrètes.
CEO de Beson et cofondatrice du sommet, Tantely Rakotomalala a donné le ton. « Le CEO Summit s’impose comme un espace de convergence pour un secteur privé visionnaire et bâtisseur », a-t-elle déclaré. Elle a appelé les acteurs économiques à « rêver plus grand » et à s’engager activement dans la création d’opportunités durables.
Même ligne pour le président du Syndicat des industries de Madagascar (Sim), Tiana Rasamimanana, qui souligne le rôle central du secteur privé. « Le véritable développement repose sur le secteur privé », a-t-il affirmé avant d’ajouter que « l’avenir de notre économie passe par l’action ». Il a plaidé pour des partenariats solides et une meilleure structuration des chaînes de valeur régionales.
Les partenaires internationaux soutiennent également la coopération. L’am­ba­ssa­deur de France à Madagascar, Arnaud Gui­llois a évoqué la nécessité de « réponses collectives face aux défis communs », notamment en matière d’interconnexion régionale. De son côté, Fa­tima Camara a insisté sur la transformation locale des ressources : « Il faut convertir nos richesses naturelles en prospérité durable ».

Transformation en profondeur
Point central de cette ouverture, l’intervention du président de la Refondation de la République, le colonel Michaël Randrianirina. « Ma­­da­gascar doit promouvoir des investissements équilibrés, fondés sur la confiance », a-t-il déclaré. Il a également dé­fendu la valorisation du « Vita Malagasy » et la réduction de la dépendance aux exportations de matières premières brutes.
En évoquant le paradoxe de la richesse à Madagascar, le chef de l’État a déploré un modèle économique historiquement orienté vers l’extérieur. Il a notamment indiqué que le pays a importé l’année passée près de 800.000 tonnes de riz, un volume susceptible d’augmenter encore cette année en raison des conséquences du cyclone. « Cette situation engendre une importante sortie de devises, estimée à environ 250 millions d’euros, au détriment des producteurs locaux », a-t-il précisé.
Le PRRM estime qu’il est temps de mettre fin à un siècle de résignation économique afin de construire une prospérité véritablement souveraine. Il appelle avec force à une transformation en profondeur du pays. Pour le chef de l’État, l’enjeu n’est plus seulement de produire pour l’exportation, mais de valoriser et transformer les richesses sur le territoire national. Selon lui, le développement de la Grande Île ne dépend ni des financements ni des ressources, mais d’une volonté déterminée de mettre en lumière et d’exploiter le potentiel du génie malgache.
Le CEO Summit se veut ainsi un catalyseur d’initiatives. Tables rondes, conférences et rencontres B2B rythment l’événement, avec l’ambition de faire émerger des projets concrets. Cette deuxième édition confirme ainsi la montée en puissance du sommet. Elle s’inscrit dans une dynamique régionale plus large, avec la perspective d’une prochaine édition à La Réunion comme l’a annoncé Tiana Rasami­manana.

Arh.

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