L’industrie cimentière malgache amorce une transformation d’envergure. Longtemps dépendant des importations, le secteur se restructure autour d’un acteur dominant, Alpha Ciment, avec l’ambition affichée d’atteindre une production annuelle de 1,2 million de tonnes.
Le marché national, estimé à 1,5 million de tonnes en 2025, enregistre une croissance continue. Pourtant, 85 % des besoins restent couverts par des importations. Cette situation expose les prix aux fluctuations internationales. Le sac de ciment dépasse souvent les 30.000 ariary, un niveau jugé élevé pour de nombreux consommateurs.
Face à ce constat, Alpha Ciment passe à l’offensive. Le groupe exploite déjà une cimenterie à Ibity Antsirabe qui produit annuellement 150.000 tonnes de ciment, ainsi que des unités de broyage à Toamasina et Tanjombato Antananarivo. La capacité totale actuelle d’Alpha Ciment atteint 550.000 tonnes par an. Mais un nouveau projet d’envergure se profile à l’horizon
Une cimenterie de 1,2 million de tonnes est en cours de préparation à Ibity. Ce projet vise à multiplier par huit la production actuelle du site. «Nous avons profité du CEO Summit pour présenter notre projet de nouvelle usine cimentière de 1,2 million de tonnes», explique le directeur général, Vincent Blanchet. «L’objectif est de renforcer la production locale et de réduire la dépendance aux importations».
Uniquement pour le marché malgache
Le dirigeant met l’accent sur la vocation nationale du projet. «Cette production sera réservée uniquement au marché malgache. Nous voulons atteindre une indépendance en termes d’importations avec une production basée à 100 % sur des matières premières locales», affirme-t-il.
«Il faudra entre six et dix mois pour obtenir les permis nécessaires avant de lancer la construction», précise Vincent Blanchet. La mise en service est attendue dans un délai de deux ans et demi à trois ans.
Certes, la production est importante, mais l’enjeu est aussi tarifaire. «Pour écouler un tel volume, nous devrons être moins chers que les importateurs», souligne le directeur général.
Arh.




