Le calme avant la tempête

Les nouveaux prix à la pompe de ce mois d’avril (généralement appliqués entre le 1er et le 5 du mois considéré) ont enregistré un statu quo. C’est-à-dire que les prix affichés depuis le début du mois de mars sont maintenus : l’es­sen­ce reste à 4 900 ariary/l, le gasoil à 4 900 ariary et le pétrole lampant à
3 510 ariary.
Certes on s’attendait à une tendance à la baisse des prix, mais la conjoncture géopolitique en Moyen-Orient a changé les donnes. La principale question qui se pose actuellement est de savoir si le maintien des tarifs actuels est envisageable pour mois à venir.
D’aucuns ignorent que l’évolution des prix à la pompe à Mada­gascar est régie mensuellement par un mé­ca­nisme d’ajustement automatique qui repose, d’une part, les cours mondiaux des produits pétroliers pour le mois M-2 et d’autre part, de la parité de l’ariary face au dollar américain.
On considère que ce mécanisme reflète la réalité du marché international et qu’à ce titre, les prix affichés à la pompe devraient s’approcher le plus près de la vérité des prix. Or, on est bien conscient que la question du maintien des prix des carburants est totalement chamboulé par la situation au Moyen-Orient.
Cette situation, en particulier l’inaccessibilité du détroit d’Ormuz, a des répercussions di­rectes sur les prix des carburants à l’échelle mondiale. Et Madagas­car n’en est pas épargné car elle perturbe l’approvisionnement du pays en produits pétroliers et certains signes le prouvent (rupture de stocks…).
Conséquemment à cette situation, les im­pacts directs sur certaines branches d’activité telles que les assurances et le transport maritime (pour cause de risques plus élevés) ne sont plus à démontrer. Et cela aura pour effet d’influer sur les prix des produits pétroliers.
De toute évidence, compte tenu de la situation au Moyen-Orient qui prévaut, il est sûr que les prix vont changer dans les prochains mois et que ce changement tendra certainement vers la hausse. Dans ces conditions, la variation mensuelle des prix plafonnée entre -200 ariary et à +200 ariary pourra-t-elle être maintenue ?
Le cas échéant, on peut se demander jusqu’à quand ? Il est difficile de croire que cela durera longtemps à moins de trouver d’autres sources d’approvisionnement sûres et pérennes. Toujours est-il que cela aura des conséquences directes sur le coût de la vie et la stabilité économique du pays.
Quoi qu’il en soit, il faut savoir profiter du moment présent dans la mesure où on bénéficie d’un sursis temporaire en matière de hausse des prix à la pompe. Mais par la même occasion, il faut se poser la question pour savoir si ce maintien des prix n’est pas le signe avant-coureur du calme avant la tempête.

Ranaivo Lala Honoré

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