L’Autorité nationale chargée des mesures correctives commerciales (ANMCC) vient de lancer deux enquêtes de sauvegarde et une enquête antidumping notamment pour faire face à la hausse soutenue des importations au cours des cinq dernières années.
Les enquêtes de sauvegarde portent, d’une part, sur les jus de fruits et nectars non fermentés ainsi que les boissons non alcoolisées aromatisées aux fruits, et d’autre part sur les articles de table, de cuisine, ménagers et d’emballage en matières plastiques. « Les données fournies par les requérants font état d’une augmentation significative des importations, en particulier pour des produits plastiques dont la part a atteint jusqu’à 64% du marché en 2025 » indique-t-on.
Il en est de même dans le secteur des boissons où les importations ont continuellement gagné du terrain. Cette autorité évoque que la progression qui a atteint 20 points de parts de marché sur la période étudiée, ce qui n’arrange pas la situation des producteurs locaux. Cette évolution entraîne notamment un affaiblissement progressif des branches de production nationales, qui se traduit par des effets négatifs incluant le recul de la production, la baisse des ventes et la fragilisation des entreprises locales.
En parallèle, une enquête antidumping cible le marché de la margarine provenant de plusieurs pays incluant l’Afrique du Sud, l’Indonésie, la Malaisie, la Tunisie et la Turquie. Les signaux sont plutôt inquiétants et les autorités s’appuient sur ceux-ci, car le prix des margarines importées est nettement inférieur au coût de production nationale, ce qui pourrait révéler des pratiques de prix prédateurs. A noter qu’une margarine de 250 g importée est vendue autour de 1.700 ariary, ce qui est beaucoup moins cher que la production nationale.
Soutenir la production nationale
Selon les éléments analysés, les indicateurs économiques clés sont en pleine dégradation. Dans certains cas, les ventes locales ont chuté jusqu’à 25 %, traduisant une perte de débouchés au profit des importations. C’est pourquoi, l’ANMCC entre en jeu pour protéger au mieux la production nationale.
A travers ces enquêtes, l’ANMCC examine avec attention les allégations des branches de production nationales, sur la base d’une analyse objective des données et des informations recueillies. Les parties intéressées sont donc invitées à participer activement en fournissant des éléments pertinents, afin d’éclairer les décisions relatives à l’éventuelle mise en place de mesures correctives commerciales.
Le but étant de corriger les déséquilibres du marché, de réparer le préjudice subi et d’offrir un répit aux producteurs nationaux. La finalité de ces mesures est de préserver l’emploi et d’encourager l’investissement industriel, dans le respect des engagements internationaux de Madagascar. Il s’agit, entre autres, de réguler les importations sans remettre en cause le libre-échange et de renforcer durablement la résilience de l’économie nationale.
Jean Riana




