Le nouveau taux de l’indemnité de sujétion et de risque qui vient d’être accordé aux magistrat soulève des vagues d’interrogations, pour ne pas dire plus. Plus précisément, c’est le montant mensuel de l’indemnité de 1,2 million d’ariary qui suscite des remous.
Effectivement, dans le contexte économique actuel, ce n’est pas une somme dérisoire. On pense bien que rares sont les fonctionnaires qui touchent un salaire équivalent. Autrement dit, les magistrats bénéficient là d’une manne exceptionnelle qui va créer de nombreux jaloux.
La première conclusion qui arrive instinctivement est de constater que l’Etat a les moyens suffisants pour se permettre une telle largesse. En conséquence, il ne faut pas s’étonner si l’opinion publique s’attend à la résolution de tous les problèmes qui entravent la vie au quotidien des citoyens.
Pourquoi cette faveur ? Est-ce pour revaloriser un corps souvent décrié de toutes parts pour l’ampleur de la corruption qui y règne ? Effectivement, selon le dernier rapport du Bianco, la justice malgache reste l’un des secteurs les plus exposés à la corruption aux côtés du foncier et de la gendarmerie.
Il sera difficile au département de la justice de se défaire de cette mauvaise réputation. Et quoi qu’il en soit, une revalorisation salariale n’est pas une solution car les mauvaises habitudes se perdent difficilement. Et les brebis galeuses sont nombreuses. Finalement, c’est une décision nécessaire mais pas suffisante.
Avec de tels avantages, il n’est pas étonnant que l’on va se bousculer encore plus au portillon pour intégrer le corps des magistrats. Et les concours d’entrée à l’école de la magistrature (ENGM) risquent de devenir le théâtre d’une confrontation de tous les intérêts et des influences.
Déjà aujourd’hui, ce concours est éclaboussé par de nombreux scandales à chaque fois qu’il se tient. Mais ce n’est rien par rapport à ce qui va venir. Dans cette optique, les organisateurs de ce concours sont avertis. Ils auront toutes les peines du monde pour que ce concours se fasse de la meilleure façon.
L’une des questions chaudes qui se pose est : Quid des autres corps de la fonction publique ? Il va sans dire que cette décision va avoir des répercussions auprès des autres corps, en particulier, celui des enseignants qui est le parent pauvre de la fonction publique.
Il va sans dire que les autres corps vont présenter, d’ici peu, des revendications dans le sens d’une amélioration salariale à l’image de celle des magistrats. Autrement dit, on peut s’attendre que l’ambiance s’échauffe au niveau de la fonction publique. En effet, tous espèrent que leur tour viendra. Comme on le dit : L’espoir fait vivre …
Ranaivo Lala Honoré




