Le grand ménage

Certaines choses changent, d’autres jamais. Sans grande surprise, les députés vont donc élire de nouveaux représentants à la Haute cour constitutionnelle. Une suite logique, presque mécanique, après le remplacement progressif des membres de la HCC depuis le changement de régime. Après tout, si les hommes du sommet changent, il fallait bien que les institutions suivent le mouvement. Sur le papier, rien d’anormal. Dans la pratique, cela ressemble surtout à une redistribution interne des cartes.
Le hic ! Les députés qui vont choisir les nouveaux membres, sont exactement les mêmes qui avaient désigné les anciens. Le régime a changé, oui. Mais les élus, eux, sont toujours là. Et avec eux, les mêmes méthodes, les mêmes réflexes et parfois les mêmes calculs. On repeint la façade, mais la maison reste identique.
Le changement devrait remettre de l’ordre, restaurer la confiance et corriger les dérives du passé. Pourtant, pour une partie de l’opinion publique, ce changement ressemble davantage à un simple remplacement d’étiquettes, notamment au sein des élus de la Chambre basse. Les figures changent, mais le système continue de tourner avec les mêmes rouages.
Le plus ironique dans cette affaire, c’est que pendant que certains réclament la dissolution de l’Assemblée nationale au nom du renouvellement politique, cette hypothèse paraît aujourd’hui totalement écartée. Le régime préfère une transition douce. Une méthode plus prudente mais aussi plus confortable.
Et pendant ce temps-là, les députés s’apprêtent également à se partager les présidences des 32 commissions permanentes. Là encore, les tractations vont bon train. Les alliances se font, les calculs s’affinent, les équilibres se négocient. Bref, la vie parlementaire suit son cours habituel, loin des grands discours de rupture.
En tout cas, la politique donne parfois l’impression d’un grand ménage, tout en gardant les mêmes occupants dans le salon.

Rakoto

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