Dadanaivo, « Rain-jaza » : « La circoncision traditionnelle est déconseillée à partir du mois d’août »

Quand l’hiver arrive progressivement à son paroxysme, comme c’est le cas actuellement dans la Capitale, en ce début du mois de juillet, la fête de la circoncision traditionnelle en grande pompe, anime certaines rues, caractérisée par un carnaval familial en liesse, à fond la musique, durant lequel des hommes portent leurs garçons à circonscrire, vêtus de rouge sur les épaules.
Et ce rite de passage permettant d’affirmer la masculinité d’un petit garçon, n’est pas sans risque du point de vue médical, surtout pratiqué en dehors de la saison hivernale, plus précisément au cours du mois d’août.
«Vers le début du mois d’août, les bourgeons commencent à éclore, marquant le début d’un nouveau cycle de renouveau et de renaissance. Malheureusement, il en est de même pour certains parasites comme la gale et d’autres bactéries, les causes d’une éruption cutanée. C’est pourquoi nous déconseillons de pratiquer la circoncision durant cette période, qui peut perturber la cicatrisation des plaies», a fait savoir Jean de Dieu Ravoahanginandrasana ou Dadanaivo, un circonciseur traditionnel ou «Rain-jaza» dans le Fokontany d’Ambohijatovo, commune rurale d’Alakamisy Fenoarivo, du district d’Atsimondrano. Selon lui, «La circoncision traditionnelle est déconseillée à partir du mois d’août».

Question d’hygiène
Dans la foulée, Dadanaivo a précisé que les circonciseurs traditionnels sont respectueux des bonnes pratiques d’hygiène. «Nous utilisons maintenant de l’eau en bouteille pour laver les plaies si auparavant c’était de l’eau de source. Une précaution face à la pollution de nos eaux», a indiqué Dadanaivo.
D’ajouter qu’il désinfecte toujours ses mains avec de l’alcool avant de pratiquer une circoncision. Quant au bistouri, on ne l’utilise qu’une seule fois. Le «Rano mahery» recueilli dans la rivière ou d’une source quelconque ne sert plus ainsi qu’à laver les mains. «Grâce à ces précautions et après plus de trente ans de métier, je n’ai jamais reçu de plaintes de la part de mes clients», a-t-il affirmé.

Précision et rapidité
Selon toujours Dadanaivo, la précision et la rapidité des interventions sont les atouts des circonciseurs traditionnels. «Cela ne dépasse pas même 5 minutes», a-t-il souligné et dans la majorité des cas, le garçon ne sent rien. A cela s’ajoute la mixture préparée afin de cicatriser rapidement les plaies.
Et comme tous les soins traditionnels, c’est totalement gratuit à part les frais de déplacement. Toutefois, il ne dédaigne pas le «Hasin-tanana» dont le montant varie selon le bon cœur de ses clients. En général, entre 10.000 ariary et 20.000 ariary.

Sera R.

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