Certaines régions de Madagascar sont en proie à une crise profonde multidimensionnelle marquée par une insécurité alimentaire aiguë et chronique. Pourtant certaines plantes peuvent contenir des compléments nutritionnels vitaux, en prévention de la malnutrition, à l’exemple du Ficus endémique de Madagascar ou « Nonoka ». C’est l’objet d’études de Miarisoa Tiava Fiderana Ratianirainy, une étudiante en Master dans le parcours Gestion et Valorisation des ressources naturelles, mention Environnement de l’Institut universitaire de l’innovation technologique de l’Uuniversité de Vakinankaratra.
*Les Nouvelles: Pourquoi avoir choisi le
« Nonoka » comme objet de mémoire ?
– Miarisoa Tiava Fiderana Ratianirainy : Les plantes médicinales jouent un rôle socioéconomique stratégique majeur à Madagascar, agissant à la fois comme un levier majeur d’exportation, un pilier fondamental de l’industrie pharmaceutique locale et une source vitale de santé et bien-être pour la communauté. Une alimentation riche en antioxydants peut ainsi réduire le risque de nombreuses maladies et équilibrer le stress oxydatif. Et le Nonoka contient des substances à propriétés antioxydantes et fortifiantes.
* Quelles sont les étapes du processus de vos recherches ?
– Dans un premier temps, nous avons procédé à l’extraction des molécules responsable de l’activité oxydante et fortifiante dans les feuilles de la plante en utilisant un mélange volume-volume d’éthanol-eau (70:30). Après évaporation du solvant d’extraction, l’extrait hydroalcoolique obtenu a été testé sur sa capacité à piéger des radicaux libres du DPPH ou le 2,2-diphényl 1-picrylhydrazyle. Deux techniques ont été utilisées, la première qualitative utilisant le test antiradicalaire au DPPH sur plaque CCM (Chromatographie sur Couche Mince) et la deuxième quantitative utilisant la méthode de la spectrométrie.
Pour étudier l’activité fortifiante, nous avons utilisé le test de la barre fixe avec des rats pour évaluer la force de préhension, la coordination motrice et l’endurance musculaire.
* Et quels sont les résultats obtenus ?
– Le rendement d’extraction des feuilles est de 8,55%. Le test qualitatif antiradicalaire sur une plaque CCM a montré un changement de couleur rapide et net du violet foncé vers jaune pâle au niveau du dépôt de l’extrait. Le test quantitatif de l’effet Scavenger du radical DPPH sur spectrophotométrie a donné la CI50 de 0,08 mg/ml contre 0,25 mg/ml pour l’acide ascorbique, le produit de référence. Ces résultats ont confirmé que le Nonoka possède une bonne activité antioxydante. Les résultats obtenus par le test de la barre fixe ont montré une activité fortifiante de l’extrait de plante à 100mg/kg, comparable à celle de la caféine à 10mg/kg, le produit de référence utilisé.
* Votre conclusion ?
– Dans la recherche des nouveaux compléments alimentaires, les plantes médicinales jouent un rôle clé comme réservoirs de molécules actives, de modèles de sécurité et d’innovation du système de santé. Enrichir l’alimentation des familles en améliorant l’accès à des aliments nutritifs et en fournissant des compléments nutritionnels vitaux, peut prévenir de la malnutrition et par conséquent sur les décès prématurés.
A noter que cette étude entre dans le cadre du projet ARES-Amorce et Valorisation de l’Université de Vakinankaratra, en collaboration avec le Centre national de recherche sur l’environnement (CNRE) et l’université de Liège intitulé «Criblage de substrats végétaux sur la croissance de probiotiques modèles en vue d’élaborer de symbiotiques performants pour une approche intégrative de la santé».
Propos recueillis par Sera R.




